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  • Abus (ou usage nocif) : du latin « abusus », usage mauvais et exagéré ; utilisation excessive et volontaire, permanente ou intermittente, d’une ou plusieurs substances psychoactives, ayant des conséquences préjudiciables à la santé physique et ou psychique.

  • Accoutumance : terme général englobant les phénomènes de tolérance et de dépendance psychique et physique.

  • Achats addictifs ou compulsifs : addiction sans drogues, caractérisée par un besoin d’acheter de manière compulsive des objets variés sans en avoir l’utilité, ni souvent les moyens financiers. Les achats pathologiques présentent de nombreux points communs avec les autres états de dépendance : besoin irrépressible (craving) d’acheter et état de tension qui subsiste tant que l’achat n’est pas accompli. L’investissement du sujet porte sur le comportement d’achat lui-même et non sur la possession qui en découle.

  • Acide : expression populaire pour désigner le LSD.

  • ACT (Thérapie d’Acceptation et d’Engagement) : fait partie des TCC (thérapie cognitivo-comportementale) les plus récentes. Le postulat de départ en thérapie ACT est que la souffrance n’est pas signe de pathologie, mais une partie intégrante de l’expérience humaine. L'ACT consiste à changer la façon dont le patient considère ses émotions et ses pensées, d’entraîner une manière différente et plus flexible d’interagir avec son expérience intérieure. Cette thérapie propose de moins lutter contre les évènements perçus comme négatifs et de plus œuvrer pour une vie plus en accord avec ses valeurs. L’ACT promeut la flexibilité psychologique, c’est-à-dire la capacité à pouvoir engager les actions importantes pour soi–même en présence de pensées négatives, d’émotions menaçantes, de souvenirs traumatiques ou de sensations douloureuses. Elle se base sur plusieurs axes : l’acceptation (accueillir ses ressentis inconfortables), la défusion (prendre de la distance d’avec ses pensées), le contact avec l’instant présent, les valeurs, l’action engagée (en phase avec ses valeurs).

  • Addiction :  l’addiction se caractérise par l’impossibilité répétée de contrôler un comportement ou une consommation en dépit de ses conséquences négatives (physiques, psychiques, familiales, professionnelles, sociales et autres). On distingue les addictions avec produits et les addictions sans produits (comportementales).

  • Addictogène : se dit d’un produit dont la consommation peut conduire à l’addiction.

  • Agent psychoactif : toute substance chimique qui influence l’activité cérébrale (ex: alcoolcannabishéroïnecocaïne, médicaments, ….).

  • Alcoolémie : taux d’alcool dans le sang. L’alcoolémie est proportionnelle à la quantité d’alcool ingérée.

  • Alcoolisme fœtal (syndrome d’) : le SAF, parfois désigné par le terme embryofoetopathie alcoolique, est une intoxication alcoolique de l’embryon ou du fœtus. Elle est due à la consommation d’alcool de la mère pendant la grossesse. Une consommation, même occasionnelle ou faible, d’alcool pendant la grossesse n’est pas anodine. Elle peut entraîner des risques pour l’enfant à naître et perturbe le développement des organes. L’alcool passe du sang maternel au sang du fœtus, sans que le placenta ne joue le rôle de « filtre » : les concentrations d’alcool chez le fœtus sont donc très proches des concentrations dans le sang maternel. Selon les organes affectés, le SAF peut se manifester par des malformations, des déficiences intellectuelles ou d’autres troubles congénitaux.

  • Alcoolodépendance : l'alcoolisme ou « trouble de l'usage d'alcool » est une affection médicale. Cela se caractérise par la perte de liberté de s'abstenir de consommer de l’alcool, et le fait de poursuivre la consommation, tout en étant conscient des conséquences négatives. On distingue la dépendance physique qui se traduit par l'installation d'une tolérance et des signes de sevrage à l'arrêt de la consommation d’alcool, et la dépendance psychique qui se traduit par une pulsion à consommer pour retrouver les effets. Le diagnostic de dépendance n’est pas toujours facile à porter.

  • Amotivationnel (syndrome) : ensemble de manifestations psychiques, caractérisées par un désinvestissement existentiel, et souvent décrites chez l’usager de cannabis.

  • Amphétamines (ou Speed) : excitants synthétiques atténuant les sensations de faim et de fatigue, et permettant des efforts et une concentration prolongés. Les effets durent de 8 à 12 heures. En cas de consommation fréquente, ce produit génère des problèmes cardiaques, de l’agressivité, de la paranoïa et de l’anxiété. A fortes doses, les amphétamines provoquent également des hallucinations et des psychoses chez les personnes prédisposées. Elles entraînent une accoutumance psychologique et une importante tolérance. Elles se présentent sous forme de pilules ou de poudre, se sniffent, se fument ou s’injectent.

  • Analytique (accompagnement de type) : a pour but la compréhension de l'origine du symptôme et s’intéresse aux conflits inconscients. Ce type de psychothérapie favorise le dialogue notamment en mettant en place des stratégies de libre association, c'est-à-dire que le patient exprime tout ce qu'il a en tête sans retenue.

  • Anorexie : l’anorexie est un trouble des conduites alimentaires. Elle se caractérise par les critères suivants : restriction des apports énergétiques par rapport aux besoins (conduisant à un poids significativement bas), peur intense de prendre du poids et de devenir gros, altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps (dysmorphophobie), faible estime de soi, manque de reconnaissance de la gravité de la maigreur actuelle.

  • Base (free base) : dérivé de la cocaïne. La base est obtenue en mélangeant la cocaïne avec de l’ammoniaque (crack). Ce mélange est ensuite chauffé, ce qui produit un « caillou » rincé puis cassé en morceaux pour être fumé.

  • Benzodiazépine (benzo) : molécule ayant un effet anxiolytique et hypnotique (selon la dose). Les benzodiazépines sont des médicaments fréquemment consommés en automédication dans l’ensemble de la population. Ils sont souvent utilisée par des toxicomanes pour atténuer les symptômes du manque ou pour réduire l’anxiété.

  • Boulimie : la boulimie se caractérise par des "crises" où une grande quantité de nourriture est ingérée dans un temps restreint, avec un sentiment de perte de contrôle (au moins 2 x/semaine pendant 3 mois).  Cela entraîne des comportements compensatoires comme des vomissements provoqués, l'emploi abusif de laxatifs, diurétiques ou autres médicaments, le jeûne et l'exercice physique excessif. Les personnes souffrant de boulimie ont généralement un IMC normal en raison des comportements compensatoires. Leur estime de soi est influencée par le poids et la silhouette.  Un repérage précoce permet une meilleure prise en charge ambulatoire pluridisciplinaire. Les soins sont abordés sous un aspect pluridisciplinaire : il faut prendre en compte à la fois la dimension somatique, la dimension nutritionnelle et la dimension psychologique.

  • Buprénorphine ou Subutex : la Buprénorphine Haut Dosage* (Subutex® et ses génériques) est un opiacé de synthèse utilisé dans le traitement de la dépendance à l’héroïne ou à d’autres opiacés. Elle permet aux personnes dépendantes aux opiacés illicites de stopper leur consommation sans ressentir les signes du manque et de réduire les risques liés à leur consommation. Le traitement facilite l’accès à l’aide médicale, psychologique et sociale dont l’usager a besoin et améliore sa qualité de vie et ses chances de réinsertion. Ce traitement peut être transitoire en vue d’un sevrage complet ou être maintenu aussi longtemps que nécessaire. Il peut être prescrit par les médecins de ville, pour les adultes et les jeunes de plus de 15 ans, via une ordonnance sécurisée soumise aux règles de prescriptions et de délivrance des stupéfiants.

  • Cannabis : Le cannabis est une plante composée de diverses molécules, dont les deux principales sont présentes à des doses variables selon la variété. Ces molécules ont des utilités différentes : 

    • Le principe actif du cannabis : le THC (Tétrahydrocannabinol), responsable des effets psychoactifs, et inscrit sur la liste des stupéfiants. Le THC est utilisée de façon récréative, pour son effet « planant » et euphorisant. Sa concentration est très variable selon les préparations et la provenance du produit ; plus sa concentration est élevée et plus les effets sont importants. Les risques d’une consommation régulière sont principalement psycho-sociaux. Il n’existe aucun traitement spécifique de la dépendance au cannabis. Le sevrage, dans sa phase initiale, peut nécessiter la prescription d’un traitement médicamenteux pour soulager les symptômes de manque. Un accompagnement psychologique est préconisé aussi bien que dans la phase de sevrage que du maintien de l’abstinence.
    • La seconde molécule recherchée : le CBD (Cannabidiol). Il est le plus souvent utilisé de façon thérapeutique, pour son effet anxiolytique et relaxant. Le CBD atténue les effets négatifs du THC. Il est légal s’il respecte 3 critères : provenant de la tige ou des racines du plant de chanvre, d’une variété inscrite sur la liste autorisée, et d’une teneur en THC dans la plante inférieure à 0,1%.

  • Cannabis de synthèse (ou Spice, K2, K3) : il est entièrement créé en laboratoire, et n’a de commun avec le cannabis naturel que les effets du THC. Il est bien plus puissant et dangereux, avec des risques de surdosage et de déclenchement d’une pathologie psychiatrique élevés.

  • CBD (Cannabidiol) : c’est un principe actif du cannabis. Il est le plus souvent utilisé de façon thérapeutique, pour son effet anxiolytique et relaxant. Le CBD atténue les effets négatifs du THC. Il est légal s’il respecte 3 critères : provenant de la tige ou des racines du plant de chanvre, d’une variété inscrite sur la liste autorisée, et d’une teneur en THC dans la plante inférieure à 0,1%.

  • Champignon hallucinogène : diverses espèces de champignons peuvent induire, après ingestion, des modifications sensorielles ou des hallucinations. Les plus communs et les plus connus dans nos régions appartiennent aux psilocybes (les psilos). La plupart des usagers comparent les effets des champignons hallucinogènes à ceux du LSD : hallucinations (visuelles et/ou auditives), sentiments exacerbés d’euphorie ou d’effroi, perte de repères spatio-temporels, rêve éveillé, dépersonnalisation, délire, fous rires, …. Comme pour tous les produits psychédéliques, les effets peuvent parfois se transformer en « bad trip »  les champignons hallucinogènes peuvent générer des accidents psychiatriques graves et durables, parfois dès la première prise. On parle alors de « syndrome post-hallucinatoire persistant », à savoir angoisses, phobies, état confusionnel, dépression voire bouffées délirantes aiguës. Un usage régulier et prolongé peut induire des troubles cardiaques et rénaux. De même, il existe un « effet retour » qui peut replacer quelques minutes l’usager dans l’état généré par la consommation de champignons hallucinogènes sans en consommer et ce même plusieurs mois après la dernière prise.

  • Chanvre : bien que s’agissant de la même espèce botanique, le chanvre désigne la plante industrielle et sa fibre végétale (ne contenant pas de THC) tandis que le Cannabis désigne la forme psychotrope, utilisée comme drogue ou dans un but médical.

  • Cocaïne : le chlorhydrate de cocaïne est un alcaloïde extrait du coca (plante d’Amérique latine). La cocaïne se présente sous la forme d’une poudre neigeuse et cristalline. Elle est souvent coupée ou mélangée à d’autres substances par les trafiquants, ce qui accroît la dangerosité et potentialise les effets et les interactions entre des produits dont on ne connaît pas la composition. Classée comme stimulant, la cocaïne provoque une euphorie immédiate, un sentiment de puissance intellectuelle et physique et une indifférence à la douleur et à la fatigue. Ces effets, assez brefs, vont laisser place ensuite à un état dépressif et à une anxiété.  La cocaïne entraîne une dépendance psychique importante (« craving« ) et cause des lésions de la paroi nasale, quand elle est sniffée, et des problèmes cardio-vasculaires (infarctus notamment).

  • Codéine : c’est un alcaloïde extrait de l’opium, utilisé en thérapeutique pour ses propriétés analgésiques et antitussives. C’est la base du Purple drank.

  • Conduites alimentaires (troubles des) ou TCA : ensemble de conduites déviantes par rapport à la « norme » culturelle d’utilisation de la nourriture, reconnues comme une addiction comportementale. Ces conduites mettent en lumière les articulations entre l’individu, son corps, son psychisme et le contexte familial, culturel et/ou social. Généralement il n’y a donc pas de cause univoque de cette addiction. Les principaux troubles des conduites alimentaires sont l’anorexie, la boulimie, l’hyperphagie. Ces troubles se soignent par une prise en charge pluridisciplinaire associant une évaluation somatique, nutritionnelle et psychique, incluant aussi la dynamique familiale et sociale.

  • Crack : ce sont des résidus de cocaïne auxquels on ajoute du bicarbonate de soude, de la lidocaïne et d’autres produits souvent indéterminés. Il se présente sous forme de caillou et à l’apparence neigeuse et cristalline de la cocaïne. Le crack se fume en pipe, s’injecte rarement, et la dépendance est très rapide. Similaire à ceux de la cocaïne, ses effets plus puissants mais plus bref ne dépassent guère les 10 minutes, obligeant l’usager à une répétition des prises (craving).

  • Craving : c’est une pulsion incontrôlable, de très forte intensité, une envie irrépressible de consommer de façon compulsive. Ce concept est devenu central en addictologie.

  • Cristal ou crystal : méthédrine et amphétamines, stimulant et hallucinogène puissant. L’usage abusif conduit rapidement à la dépendance.

  • Cyberaddiction ou cyberdépendance : dépendance  ou utilisation abusive, voire compulsive d’un moyen informatique, pour communiquer ou, au contraire, pour échapper à la réalité. Il s’agit d’une addiction comportementale ; certains individus devenant accroc à Internet, aux jeux vidéo, à la télévision, au téléphone portable. Pour en savoir plus, reportez-vous à la Foire aux Questions Cyberaddiction.

  • Delirium tremens ou DT : délire de type confusionnel, avec agitation, onirisme, tremblements, hallucinations. Il survient chez l’alcoolo-dépendant chronique au moment du sevrage de boissons alcoolisées. Le DT apparaît après un délai de 24 à 72 heures et s’accompagne notamment de suées, de déshydratation et de fièvre nécessitant une hospitalisation.

  • Dépendance : c’est le fait de ne pas pouvoir se passer d’une substance ou d’un comportement. Par exemple, on parle de dépendance à l’alcool, au tabac, aux médicaments, aux drogues (cannabis, cocaïne, héroïne, crack, etc.), à des comportements (le jeu pathologique, les comportements sexuels addictifs, les troubles des conduites alimentaires …). On emploie aussi les termes de conduites addictives et « d’addictions avec ou sans produit ». La dépendance se caractérise par le besoin de consommer la substance en cause, de se livrer au comportement concerné. Les causes de la dépendance sont multiples et découlent de l’interaction de facteurs individuels, environnementaux et du produit lui-même ainsi que de sa consommation.

  • Dépression : malaise psychique ayant un retentissement physique, d’intensité variable, caractérisé par une diminution de l’efficacité intellectuelle, une fatigabilité excessive et un sentiment de tristesse et d’autodépréciation

  • Dopage :  utilisation d’une ou de plusieurs substances stimulantes ou anabolisantes en vue d’améliorer artificiellement des performances physiques et donc également  intellectuelles. C’est le souci de la performance qui motive le dopage. Ces substances sont susceptibles de nuire à la santé et d’induire des dépendances.

  • Drogue : désigne toute substance psychoactive entraînant une consommation excessive et des manifestations physiques et/ou psychiques. On peut classer les drogues selon leur pouvoir addictogène.

  • Ecstasy : stimulant synthétique qui combine les effets des amphétamines et des hallucinogènes, comme le LSD, se présentant sous forme de pilules ou de tablettes colorées qu’on avale, mais qui peuvent également être broyées et snifées, ou encore fumées. Suite à la prise d’ecstasy, les usagers ressentent une poussée d’adrénaline, suivie d’une sensation d’être plein d’énergie et calme à la fois. Les couleurs, les sons et les émotions peuvent paraître plus intenses. Les usagers peuvent également souffrir de nausées, ainsi que d’une augmentation du rythme cardiaque. Une consommation prolongée peut entraîner des lésions cérébrales, des changements comportementaux et physiques, et des problèmes psychiatrique et physiques de longue durée, comme des pertes de mémoire, des problèmes de prise de décisions et de contrôle de soi, de la paranoïa, des dépressions et des crises de panique.

  • EMDR (eye movement desensitization and reprocessing) : désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) : très efficace pour la prise en charge du syndrome de stress post-traumatique et évènements vécus comme des trauma. L’EMDR utilise une stimulation sensorielle bi-alternée (droite-gauche) qui se pratique par mouvements oculaires : le patient suit les doigts du thérapeute qui passent de droite à gauche devant ses yeux. Le thérapeute peut également tapoter alternativement les genoux du patient ou le dos de ses mains.

  • Gaz hilarant : voir protoxyde d’azote.

  • GHB (Gamma-HydroxyButirate de sodium) : drogue utilisée comme substitut des amphétamines et de l’ecstasy. Elle engendre un état d’excitation et d’euphorie, une désinhibition sexuelle, une altération de la volonté, ainsi qu’un comportement de soumission. Cet état est suivi d’une amnésie. Les effets du GHB (appelée la « pilule du viol ») peuvent conduire à une utilisation criminelle dans un but de viol ou vol. Incolore, inodore, il s’administre facilement.

  • Hallucinogène : c’est une substance naturelle (mescaline ou la psilocybine) ou synthétique (LSD) qui permet l’accès à une « réalité supérieure » d’où le nom de drogues psychédéliques. Elle perturbe le système nerveux par des altérations de la vision, de la perception du temps et de l’espace.

  • Héroïne : (appelée « cheval », « blanche », « schnouff », « junk » ...). Opiacé obtenu par synthèse à partir de la morphine. Son usage entraîne rapidement une dépendance physique et psychique importante et se trouve de ce fait à l’origine de l’héroïnomanie. Elle se sniffe, se fume ou s’injecte. Les principaux inconvénients attribués à l’héroïne sont en fait largement dus à la prohibition (prix prohibitifs, qualité irrégulière, mauvaise hygiène ...). Les inconvénients imputables à l’héroïne elle-même tiennent à la brièveté de son action (qui impose plusieurs prises par jour), à sa puissance et à son mode de prise préféré des héroïnomanes. En effet, l’injection, donne le flash mais est très délabrante et source de nombreuses infections et contaminations. Il existe des traitements de substitution : la Méthadone et la Buprénorphine haut dosage.

  • Hyperphagie : l’hyperphagie est caractérisée par des épisodes où la personne mange une très grande quantité d'aliments d'une manière incontrôlée et compulsive. Les personnes qui souffrent d'hyperphagie n'utilisent pas de méthodes compensatoires afin de se débarrasser de l'excès d'aliments consommés (comme des vomissements par exemple). Ainsi, fréquemment ces personnes présentent une fluctuation importante de leur poids voire une obésité dans 50% des cas. Ce trouble alimentaire engendre des répercussions majeures sur l'état de santé physique, sur l'équilibre psychologique et sur les relations interpersonnelles. Comme tous les TCA (troubles des conduites alimentaires), une prise en charge multi focales (médicale, psychologique et notionnelle) est préconisée.

  • Hypnose : état modifié de conscience, où les choses sont perçues autrement et où il est possible d’accéder à l’inconscient. Elle vise à la gestion de la douleur et des troubles anxieux (du stress à la phobie, en passant par les troubles de l’affirmation de soi ou encore les états de panique). On utilise également l’hypnose dans un but de changement de comportements de dépendance, comme le tabagisme ou les troubles de l’alimentation. L’hypnose permet, en impliquant l’imaginaire des patients, de revisiter la réalité et la façon dont le patient la perçoit. Ceci a pour effet de diminuer l’importance de certains symptômes, et de développer chez l’individu de nouveaux comportements.

  • Ice : drogue de synthèse amphétaminique hallucinogène aux effets très puissants. Elle se présente sous la forme d’une substance cristallisée blanche faisant penser à du sucre candi, à du verre brisé ou encore à de la glace en paillettes. Elle se fume en étant chauffée sur une feuille de papier aluminium ou s’injecte, quand on la liquéfie en y ajoutant de l’eau. La dépendance induite est très forte.

  • Jeu pathologique : le joueur pathologique aux jeux d’argent, à la différence du joueur normal ou social, éprouve une authentique dépendance. Celle-ci qui le conduit à augmenter de manière progressive mais irréversible le montant des sommes qu’il met en jeu, et, par là même, ses pertes voire ses dettes.

  • K2, K3 : cannabis de synthèse.

  • Kétamine : anesthésique vétérinaire et humain utilisée autrefois par les militaires sur les champs de bataille. La Kétamine peut donner lieu à des effets hallucinogènes. A haute dose, elle entraîne une dissociation du corps et de l’esprit, des expériences proches de la mort, des hallucinations « réelles » et de profondes introspections (le trip variant entre 2 à 10 heures). Elle peut provoquer des troubles mentaux (amnésie) et entraîner une dépendance psychologique.

  • Lean : boisson à base de codéine, communément appelée purple drank.

  • LSD : substance synthétique caractérisée par une puissante action hallucinogène, certainement le psychédélique le plus consommé au monde. Il se présente sous forme de petits buvards avec différents motifs. Ce produit semble être en perte de vitesse depuis quelques années, remplacé par l’ecstasy.

  • Manque : ce terme désigne l’ensemble des symptômes de sevrage (arrêt de la consommation de drogue).  Les signes de manque sont plus ou moins intenses et longs, selon les personnes et les produits et peuvent être physiques et/ou psychologiques. Un accompagnement individualisé et global (médico-psycho-social) est le plus à même d’apporter un mieux-être aux personnes en difficulté avec une addiction.

  • Médiation animale : consiste à faire intervenir un animal soigneusement sélectionné et entraîné, encadré par un professionnel spécialisé, auprès d’une ou plusieurs personnes dont les besoins ont été préalablement ciblés, afin de susciter des réactions favorisant leur potentiel cognitif, psychologique, physique ou social. L’intervenant utilise l’animal en tant qu’intermédiaire (médiateur) dans la relation entre lui et le participant, afin de permettre à ce dernier d’atteindre, avec l’aide de l’animal, des objectifs fixés dans le cadre de son projet individuel.

  • Méditation pleine conscience : consiste à ramener son attention sur le moment présent. Il s’agit pour le pratiquant d’examiner les pensées et les émotions qui traversent son esprit et qui montent en lui. Il suit ensuite leur évolution en adoptant une position « neutre » sans tenter de les contrôler, les juger ou les analyser.

  • Méthadone : opiacé de synthèse, d’action voisine de celle de la morphine, prescrit dans le cadre de traitements de substitution. Solution buvable, avec différents dosages existants (5 – 10 – 20 – 40 ou 60 mg). Le traitement est initié dans un CSAPA qui met en place un suivi pluridisciplinaire pour le patient avec un soutien médical et/ou psychologique et/ou social. Ce traitement peut durer plusieurs années ; un allégement de la procédure permet au patient, une fois stabilisé au niveau du produit, d’être orienté vers un médecin généraliste et une pharmacie de ville. La prise de la méthadone est quotidienne (peut tenir de 24 à 36 heures) et permet au patient de retrouver « une vie normale », de refaire ou de faire des projets, de se réinsérer professionnellement. Prescription possible en gélule pour les patients stabilisés et après au moins un an de traitement en sirop.

  • Morphine : molécule naturelle extraite de l’opium, lui-même extrait du pavot, puissant antidouleur. Son usage peut donner lieu à un comportement addictif entraînant une forte dépendance.

  • Naloxone : antagoniste opiacé, utilisé en thérapeutique pour traiter l’intoxication aiguë aux opiacés.

  • Nicotine : alcaloïde toxique issu principalement de la plante de tabac. La nicotine agit directement sur le système nerveux, déclenchant la dépendance tabagique.

  • Opiacé : produit d’origine naturelle dérivé de l’opium ou synthétique, tous deux agissent sur les récepteurs d’opiacés. Les récepteurs aux opiacés sont des récepteurs des neurotransmetteurs et ce sont eux qui modulent les fonctions du cerveau notamment la réponse qu’il apporte à la douleur, au stress ou au contrôle des émotions. Outre la morphine, l’héroïne, la codéine, la méthadone, la buprénorphine, la naloxone, la naltrexone font également partie des opiacés. L’organisme humain produit ses propres substances opiacées, les endorphines.

  • Overdose : accident grave, potentiellement mortel, consécutif à la prise de substances psychoactives et provoqué soit par une insuffisance respiratoire, soit par une insuffisance cardiaque. L’overdose survient fréquemment dans le cadre d’une polytoxicomanie incluant, à côté de la consommation d’opiacés par voie injectable, celle de psychostimulants, d’alcool et/ou de benzodiazépines. Les produits agissent en synergie, et leur toxicité respiratoire et cardiaque est potentialisée. L’overdose peut également être due à une : augmentation de la dose afin de ressentir des effets plus puissants, utilisation d’un produit trop puissant, utilisation d’un produit plus concentré qu’à l’accoutumée (par ex lors d’un changement de dealer), rechute après un sevrage (le sujet utilisant d’emblée une dose comparable à celle qu’il s’administrait avec sa désintoxication ; la tolérance au produit disparaissant après une abstinence de quelques jours), utilisation d’un produit rendu dangereux (toxicité due au coupage avec différents produits comme la strychnine).

  • Polyconsommation : fait de consommer simultanément plusieurs substances psychoactives. La consommation d’un ou plusieurs produits avec un produit dit principal concerne au moins 62 % des consultants. L’alcool et les médicaments psychotropes sont les produits le plus souvent utilisés en association. Vient ensuite le cannabis. Les associations de plusieurs produits illicites sont de plus en plus fréquentes, telles celle d’héroïne avec de la cocaïne (appelée « speed ball »).

  • Protoxyde d’azote : aussi appelé gaz hilarant. Ce gaz est obtenu, via un ballon de baudruche, à partir des cartouches de gaz de pressurisation pour les siphons à chantilly. Les effets recherchés, rapides et brefs, sont : euphorie, hilarité, distorsion des perceptions, sensation de flottement, effets hallucinatoires voire dissociatifs, désinhibition. Il y a néanmoins de gros risques, tels que brûlures par le froid, asphyxie, convulsions, œdème pulmonaire, anémie, atteintes du système nerveux et de la moelle épinière (souvent irréversibles).

  • Psychoactif (ve) : se dit d’une substance agissant sur l’esprit. Elle peut ainsi modifier l’état de conscience, la vigilance, la perception, l’humeur et le comportement du consommateur.

  • Psychotrope : substance dont l’effet principal est de modifier le psychisme (en particulier l’humeur, la pensée et la perception), sans pour autant induire systématiquement de phénomènes de dépendance ou d’accoutumance.

  • Psylo : champignon hallucinogène contenant de la psilocybine. Les effets de la psilocybine se font sentir entre 20 et 30 mn après l’ingestion. Ils persistent entre 4 et 6 heures. Des doses faibles produisent une modification de l’humeur, une sensation de détachement psychique, des troubles visuels avec mydriases ainsi que des nausées.

  • Purple drank (ou lean) : boisson concoctée à base de soda et de sirop codéiné, auxquels s’ajoute souvent un antihistaminique pour contrer les démangeaisons qu’elle cause. Le purple drank est consommé par un public jeune (14-25 ans), pour ses effets de bien être, euphorie, apaisement, créativité. Les risques engendrés par ces consommations sont : somnolence, agitation, convulsions, surdosage, dépression respiratoire, addiction.

  • Sevrage : stade possible de la prise en charge des sujets physiquement dépendants de substances psychoactives, et souhaitant arrêter leurs consommations. Le sevrage s’opère, selon les cas, selon le degré de dépendance, en milieu hospitalier ou en ambulatoire et vise à éliminer le malaise physique lié au syndrome de manque et à diminuer les risques liés à cet état.

  • Space cake : gâteau de fabrication maison dont un des ingrédients est le cannabis.

  • Spécial K : K, Keta, Kétamine

  • Speed : expression populaire pour désigner les amphétamines.

  • Speed ball : ce terme désigne un mélange d’héroïne et de cocaïne destiné à être injecté.

  • Spice : cannabis de synthèse.

  • Stupéfiant : substance inscrite sur les listes I et II du tableau des stupéfiants, établies par la Convention unique de 1961. La liste I recense toutes les substances susceptibles d’induire une addiction.

  • Substitution (traitement de) : c’est une modalité de traitement neurobiologique d’un sujet pharmacodépendant, reposant sur l’administration d’une substance qui a une activité pharmacologique similaire à celle de la drogue addictive. La substitution vise, en prévenant les symptômes psychiques et physiques du manque, diminuer puis stopper la consommation  de drogues (tabacopiacés) ou, pour le moins, à la stabiliser.  Elle peut durer aussi longtemps que nécessaire. Ces traitements permettent au patient de s’insérer dans une logique de soins psychiques et somatiques, et, surtout, de mettre en place un étayage psychologique et/ou social suffisant pour ne pas reprendre une consommation. L’objectif doit rester l’élaboration d’un projet de vie, dont la dépendance à la drogue est exclue.

  • Système de récompense : tous les produits psychoactifs, cocaïne, amphétamineopiacé, cannabis, nicotine, alcool, etc… augmentent, à des degrés divers, la concentration de dopamine (hormone du plaisir) dans le cerveau. Le processus d’apprentissage des drogues par le cerveau n’est jamais terminé : le stimulus déclenche l’envie du produit, la prise de celui-ci entraînerait toujours une forte récompense (sécrétion importante de dopamine), ce qui renforce encore plus le désir de consommer et explique la répétition de la consommation une fois qu’elle est initiée.

  • Systémie (thérapie familiale) : cherche à aborder la personne non seulement au niveau individuel, mais également dans une compréhension globale. Elle prend ainsi en compte les interactions de groupes et les caractéristiques du milieu dans lequel vivent les individus. Au niveau familial, des événements comme la naissance d’un enfant, la perte d’un membre de la famille, l’adolescence ou le départ d’un jeune peuvent provoquer une situation de crise. Face à cette « crise », un membre de la famille va développer un comportement symptomatique qui va mener à la consultation. La Thérapie Systémique va permettre de travailler avec les familles sur « l’ici et maintenant ». Elle vise à reconnaître, évaluer et modifier les anciens schémas de fonctionnement pour faire émerger de nouvelles possibilités.

  • Tabac : substance psychoactive, riche en nicotine, issue d’une plante de la famille des solanacées. Son usage, banalisé à l’échelle mondiale sous la forme de consommation de cigarettes, occasionne une addiction particulièrement grave par ses conséquences somatiques. Le tabac est le plus souvent fumé, mais il peut également être prisé ou chiqué.

  • Tabagisme passif : exposition involontaire à la fumée du tabac, qui peut être à l’origine de maladies graves (par exemple dans le cadre familial, sur le lieu de travail ou encore pour un fœtus dans le ventre d’une mère fumeuse). Le tabagisme passif est désormais considéré comme un problème majeur de santé publique. Les pouvoirs politiques ont mis en place une interdiction de fumer dans tous les lieux publics, comme c’est déjà le cas en Irlande, en Italie et en Espagne avec quelques aménagements.

  • TCA (troubles des conduites alimentaires) : ensemble de conduites déviantes par rapport à la « norme » culturelle d’utilisation de la nourriture, reconnues comme une addiction comportementale. Ces conduites mettent en lumière les articulations entre l’individu, son corps, son psychisme et le contexte familial, culturel et/ou social. Généralement il n’y a donc pas de cause univoque de cette addiction. Les principaux troubles des conduites alimentaires sont l’anorexie, la boulimie, l’hyperphagie. Ces troubles se soignent par une prise en charge pluridisciplinaire associant une évaluation somatique, nutritionnelle et psychique, incluant aussi la dynamique familiale et sociale.

  • TCC = Thérapie Cognitive et Comportementale : (incluant notamment la relaxation) : thérapie brève, validée scientifiquement, qui porte sur les interactions entre pensées, émotions et comportements. Elle se concentre sur les problèmes actuels de la personne, tout en prenant en compte leurs causes historiques. Elle aide à progressivement dépasser les symptômes invalidants et visent à renforcer les comportements adaptés. Une TCC s’appuie sur différentes techniques qui aident le patient à identifier les mécanismes à l’origine de ses difficultés, à expérimenter de nouveaux comportements et à sortir ainsi progressivement de cercles vicieux qui perpétuent et aggravent la souffrance psychique.

  • Testing : technique de prévention, souvent pratiquée dans les raves party ; c’est une opération de vérification rapide de la nature et de la pureté d’une drogue : la plus fréquemment concernée est l’ecstasy. Le testing est effectué, sur les lieux de distribution et de consommation de ce produit, par des membres d’associations impliquées dans la politique de réduction des risques. L’usage des produits suspects est fortement déconseillé, et, bien sûr, loin d’être encouragé ; l’usage d’ecstasy conforme fait l’objet d’une mise en garde, concrétisée par la distribution d’une notice appropriée. Cette opération, par réaction chimique, permet donc de savoir si un cachet acheté comme de l’ecstasy contient ou non de la MDMA, du 2C-B, des amphétamines. Elle renseigne donc sur la présence de ces trois types de substances psychoactives, mais non sur leur quantité ou la présence d’autres molécules rentrant dans sa composition (produits de coupe).

  • THC (Tétrahydrocannabinol) : principe actif du cannabis, responsable des effets psychoactifs et inscrit sur la liste des stupéfiants. Le THC est utilisée de façon récréative, pour son effet « planant » et euphorisant. Sa concentration est très variable selon les préparations et la provenance du produit ; plus sa concentration est élevée et plus les effets sont importants. Les risques d’une consommation régulière sont principalement psycho-sociaux. Il n’existe aucun traitement spécifique de la dépendance au cannabis. Le sevrage, dans sa phase initiale, peut nécessiter la prescription d’un traitement médicamenteux pour soulager les symptômes de manque. Un accompagnement psychologique est préconisé aussi bien que dans la phase de sevrage que du maintien de l’abstinence.

  • Tolérance : aptitude de l’organisme à supporter l’action d’une substance donnée, sans manifester de signes d’intoxication et/ou obligation de prendre une dose de plus en plus forte d’une drogue pour arriver au même effet. En d’autres termes, une même dose de produit entraîne moins d’effets qu’auparavant. S’il veut ressentir à nouveau les effets des premières fois, le consommateur est alors tenté d’accroître les quantités et/ou la fréquence des prises, ce qui augmente également les dangers du produit consommé.

  • Workaddict ou workaholisme :  (néologisme formé à partir de « work », travail, et d’ « aholic », désinence anglo-saxonne faisant référence à l’addiction). Relation pathologique du sujet à son travail, caractérisée par une compulsion à lui consacrer toujours plus de temps et d’énergie.