Pour la famille

Comment parler du tabac à mon enfant ?
Pourquoi en parler ?
Que faire si mon enfant fume ?
Pourquoi il fume ?
Quels sont les traitements autorisés pour les adolescents ?
Une petite expérience mettant en évidence les effets du tabac sur les poumons
Nous fumons tous les deux, peut-on quand même en parler à nos enfants ?

Comment parler du tabac à mon enfant ?

Il est important de pouvoir en parler ouvertement et de ne pas banaliser un début précoce d’une consommation. Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste de la santé pour aborder le sujet avec lui. L’essentiel est dans le dialogue, l’écoute et la confiance réciproque. Grâce au dialogue, l’adolescent peut comprendre les dangers liés à tel type de comportement même s’il ne la pas encore vécu lui-même. Vous pouvez le cas échéant obtenir des informations auprès de votre médecin ou dans un Centre de Soins. Des consultations peuvent également être assurées par un médecin tabacologue dans le même type de structure.

Pourquoi en parler ?

Parce que les parents détiennent l’autorité. C’est à vous de mettre en garde votre enfant sur d’éventuels dangers. De toute façon il en entend parler par les copains, les médias. Il est important de le faire vers 11 ans, car c’est à peu près vers cet âge que transgresser l’interdit peut paraître attrayant. Lors de l’arrivée au collège, il sera peut-être intrigué voire fasciné par l’aspect initiatique de la cigarette, du cannabis qui lui permettrait de rentrer dans une bande, de faire comme les copains. En parler avec lui, c’est l’avertir des dangers de la drogue.
Ce n’est pas une garantie qu’il ne fumera jamais, mais le jour où il sera confronté avec des copains qui fument, il se sentira moins vulnérable et sera plus en confiance pour en parler avec vous. De plus, si un adolescent fume cela peut cacher des troubles plus graves. Il faut vous interroger pour savoir s’il n’y a pas un problème d’anxiété.

Que faire si mon enfant fume ?

Il est important de ne pas banaliser une consommation même minime. Les risques de dépendance au tabac augmentent en fonction de l’âge (plus on consomme jeune, plus les risques de dépendance augmentent), du stress et de l’entourage qui fume (parents, enseignants, amis,…).
On peut toujours parler des risques sur la santé (le cancer parait bien loin pour un adolescent et le tabagisme est souvent associé à des moments de fêtes et de détente entre copains), mais il est bon de privilégier la discussion sur les motivations et surtout de contrecarrer les « bénéfices du tabac » aux yeux de l’adolescent.

  • la cigarette n’est pas une libération mais une des dépendances dont il est le plus difficile de s’affranchir.
  • essayer de maintenir l’interdit à la maison et dans les lieux fermés (voiture, ..)
  • fumer coûte cher. Calculez ensemble ce qu’il pourrait s’offrir au bout de 6 mois de consommation.
  • la fumée de cigarette sent mauvais et donne mauvaise haleine. Dans une période où on expérimente ses premiers baisers, ce n’est pas terrible ! Fumer n’est pas un accessoire de séduction.
  • les performances sportives sont diminuées : la capacité respiratoire est amoindrie même chez les jeunes fumeurs.
  • En s’affirmant différents de ceux qui fument, on gagne le respect des autres pour avoir osé dire non.
  • lui proposer de consulter un médecin ou prendre rendez-vous dans une consultation en tabacologie.
  • maintenir le dialogue à tout prix.

Pourquoi il fume ?

Les méfaits du tabagisme restent éloignés des préoccupations des adolescents qui vivent l’instant présent et ne se sentent pas concernés par la maladie ou la mort. Cette attitude est renforcée par le fait que la cigarette est un moyen de se sentir adulte. Elle peut aussi être un défi aux interdits imposés par les parents.

  • il peut fumer pour faire partie d’un groupe, « faire comme les autres », et surtout ne pas se sentir exclu, rejeté hors du groupe.
  • le groupe est le lieu de toutes les surenchères et parfois de nombreux défis : fumer sans tousser, avalée la fumée, savoir faire des ronds de fumée, …
  • fumer est souvent une façon pour les jeunes de se démarquer de l’enfance.
  • La nicotine est un stimulant, « elle donne la pêche », mais surtout elle permet de réduire l’angoisse qu’ils peuvent ressentir à certaines occasions.

Quels sont les traitements autorisés pour les adolescents ?

Les substituts nicotiniques peuvent être utilisés pour aider les jeunes qui sont physiquement dépendant du tabac à partir de l’âge de 15 ans. Ces traitements sont en vente libre dans les pharmacies ; mais il est préférable d’en discuter avant avec votre médecin généraliste ou avec un médecin tabacologue dans un Centre de Soins. Ils ont fait leur preuve et doublent, voire triplent les chances de succès.
En ce qui concerne le bupropion LP (le Ziban), il ne peut être prescrit qu’a des personnes de plus de 18 ans.

Une petite expérience mettant en évidence les effets du tabac sur les poumons :

L’expérience nécessite comme matériel : une cigarette, des allumettes, une bouteille de 1,5 l en plastique, une vielle tétine ou un bouchon percé de la taille exacte d’une cigarette, du coton, une cuvette, une paire de ciseaux à bout pointu ou un autre outil pour percer la bouteille.
Remplissez la bouteille à moitié d’eau, placez-la dans la cuvette vide. Placez un peu de coton dans la partie haute de la bouteille, sans qu’il touche l’eau. Placez le bouchon percé ou la tétine sur la bouteille. Positionnez la cigarette sur la tétine. Allumez la cigarette et aussitôt percez le fond de la bouteille. Celle-ci se vide progressivement de son eau alors que la fumée emplit la bouteille, attirée par la dépression provoquée par la descente de l’eau. Quand la bouteille s’est vidée de son eau, éteignez la cigarette. Observez la couleur jaune sale de la fumée qui a emplit la bouteille et imbibe le coton. La fumée que vous avez vu arriver dans la bouteille est la même que celle qui arrive dans les poumons des fumeurs.

Nous fumons tous les deux, peut-on quand même en parler à nos enfants ?

Les petits enfants perçoivent déjà très bien tout ce qui se passe autour d’eux. Ainsi, leurs premières représentations du tabagisme sont fortement influencées par le comportement de leurs parents. Il est clair, que plus l’enfant est confronté à la consommation régulière de tabac de leurs parents, plus les risques qu’il devienne fumeur lui-même sont grands. Par ailleurs, la position des enfants de parents fumeurs est souvent moins négative par rapport au tabac.
Toutefois, la place du tabac dans la vie d’un adulte ne doit pas empêcher de parler des problèmes qu’il peut engendrer, en s’adaptant à l’âge de l’enfant. Avec les petits enfants, il faut être prudent et ne pas exposer tous les risques sur la santé. On peut leur parler plutôt de l’odeur, de la toux ou de la dépendance. Lorsqu’ils sont plus grands, on peut être plus précis sur les risques encourus. C’est l’occasion pour les parents fumeurs de parler du contexte de leurs premières cigarettes, de leur dépendance, de leur consommation de début et celle actuelle, des désagréments que la cigarette engendre, de leur difficulté à arrêter, etc.
On est plus crédible en exprimant ses contradictions qu’en les niant !