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Les questions les plus couramment posées

Cannabis | Tabac | Alcool | Héroïne
Cyberdépendance | Autres dépendances

Quelques réflexions sur le problème de la dépendance

Les différents modes de consommation :
Les différentes formes de dépendance :
J'ai besoin d'aide, où m'adresser ?

Selon le type de produit(s) consommé(s), la dépendance peut être brutale (pour l'héroïne par exemple) ou progressive (pour l'alcool ou le tabac par exemple). On parle de dépendance quand on ne peut plus se passer de consommer le produit, sous peine de souffrances physiques et/ou psychologiques. A ce stade, la vie quotidienne tourne essentiellement, voire exclusivement autour de la recherche et de la prise du produit.

Les différents modes de consommation :

L'usage
L'usage reflète une consommation de substances de façon occasionnelle. Il n'entraîne pas une escalade dans la consommation des produits ; il s'agit souvent d’une première expérimentation du produit dans un cadre festif par curiosité ou pour "faire comme tout le monde".

L'abus ou l'usage nocif
L'usage nocif est susceptible d'entraîner des dommages physiques, affectifs, psychologiques et/ou sociaux pour le consommateur ou pour son environnement
Le corps s'habitue progressivement à une augmentation des doses (plus je bois, plus je supporte) : c'est le phénomène de la tolérance. Si la prise du produit persiste et que les quantités augmentent, le risque est de tomber dans le problème de la dépendance.
Il est important de se prendre en charge dès ce moment en allant consulter son médecin ou de s'orienter vers un centre de soins des dépendances, un centre d'alcoologie ou un CSST (Centre de Soins Spécialisés en Toxicomanies).

La dépendance
La dépendance ou addiction à une substance est caractérisée par le fait d'en poursuivre la consommation, avec un caractère obsédant, malgré les conséquences psychiques, physiques et relationnelles négatives connues du dépendant. Dans ce cas le dépendant est à la fois le médecin et le pharmacien ; il se prescrit le "médicament" qui lui convient et va le chercher.
L'arrêt de la consommation est possible, soit de façon "sauvage" au début, soit avec l'aide de professionnels (addictologue, toxicologue, médecin, psychologue, travailleur social,..).
Il faut souligner que le risque de rechute est toujours présent puisque l'organisme garde en mémoire les éléments qui poussent à consommer. Une fois que l'on a été dépendant à un produit on le sera toute sa vie ; c'est pourquoi le seul choix est une abstinence totale et définitive.
Sortir du secret, en parler, chercher de l'aide, s'investir dans le traitement sont susceptibles de permettre de sortir de ce processus.
Cependant, il est important de souligner que nous ne sommes pas égaux devant le risque de devenir dépendant à un produit. Une très grande majorité d'usagers occasionnels ne répètent pas leur première expérience et ne deviennent pas dépendants. Il existe des facteurs psychologiques, génétiques, socioculturels, environnementaux, etc. qui participent à la vulnérabilité de chaque individu devant la prise de substance puis son abus puis sa dépendance.

Les différentes formes de dépendance :

avec substance psychoactive :
- alcool
- amphétamines
- opiacés (héroïne)
- cocaïne
- solvants volatiles (colles, trichloréthylène)
- hallucinogènes (LSD, champignons)
- cannabis
- médicaments
- ecstasy
- tabagisme

troubles de conduites alimentaires :
- boulimie
- anorexie
- hyperphagie

sans substance psychoactive :
- jeu pathologique
- kleptomanie
- achats compulsifs
- cyberdépendance (Internet, jeux vidéo)
- dépendance au travail ("workaddict")
- addictions sexuelles
- médicaments
- dépendance relationnelle

Il existe deux formes de dépendance :

Elles peuvent être associées ou non.

1) La dépendance psychique apparaît généralement en premier. Si le produit vient à manquer, elle se traduit par une sensation de malaise, d'angoisse allant parfois jusqu'à la dépression ou le passage à l'acte. L'arrêt de la consommation va bouleverser les habitudes du sujet, laissant un vide qu'il faudra éviter de combler avec une autre dépendance (exemple d'une personne alcoolo dépendante qui va commencer ou augmenter de façon importante sa consommation tabagique).
Cela explique en partie la survenue possible des rechutes qui font parties intégrantes du processus qui à terme devra permettre au sujet de comprendre que la seule solution est une abstinence totale et définitive.

2) La dépendance physique se caractérise par le fait que l'organisme réclame son produit à travers des symptômes physiques comme des tremblements, des frissons, etc. qui traduisent un état de manque. Ces symptômes peuvent être accompagnés de troubles du comportements (anxiété, agressivité, angoisse, perte d'appétit, insomnie, sueurs, passage à l'acte, …).
A ce stade, dans le cadre d'une alcoolo dépendance, une hospitalisation est souvent nécessaire afin d'éviter les complications somatiques (delirium tremens, crise d'épilepsie, ….) car il est important de réhydrater le sujet, de prescrire souvent des anxiolytiques, des vitamines (pour permettre au système nerveux de reconstituer les gaines de myéline), etc.
Dans le cadre d'une dépendance à l'héroïne il est nécessaire de passer par un centre de soins afin d'obtenir un produit de substitution (méthadone ou subutex) dans le cadre d'un protocole bien défini.
Il est également important d’avoir des entretiens individuels et/ou familiaux avec un psychologue pendant plusieurs mois afin d'essayer de démêler les liens, la problématique personnelle et/ou familiale.


CANNABIS

Pour les usagers :

Qu'est ce que le cannabis ?
C'est une plante, appelée également chanvre indien (originaire des contreforts de l'Himalaya) qui peut exister sous différentes formes. Le principe actif du cannabis est le D 9 THC (delta 9 TétraHydroCannabinol) inscrit sur la liste de stupéfiants. C'est ce THC qui est responsable des effets du cannabis sur le système nerveux. La concentration de THC varie selon la variété de la plante, les préparations et la provenance du produit. On estime que cette concentration a augmenté de 2 à 5 fois depuis les années soixante ; plus sa teneur est élevée plus les effets du cannabis sont importants.

Historique :
Nom scientifique cannabis sativa, né en Asie Centrale, le cannabis est une des plus anciennes plantes cultivées ; elle est utilisée par l'homme depuis des millénaires en Extrême-Orient et en au Moyen-Orient. Il était cultivé pour ses fibres destinées à la fabrication de cordages, de papiers, de tissu et sa résine était utilisée autrefois comme médication dans le cadre de troubles du sommeil, de la douleur.
Il a été introduit en Europe au début du 19ème siècle par des soldats de Bonaparte de retour des Indes. Mauvaise herbe s'adaptant à tous les climats, le cannabis va se répandre sur tous les continents.
De toutes les drogues illicites, le cannabis est la plus populaire ; de plus en plus répandu, l'usage du cannabis concerne surtout les adolescents et les jeunes adultes.

A quoi ça ressemble ?
Le cannabis se présente sous trois formes : l'herbe, le haschisch et l'huile.

L'herbe (marijuana)

Sources :
MILDT, INPES
AJ Photo/Oredia




Constituée des feuilles, des tiges et des fleurs qui sont séchées. Se fume généralement mélangée à du tabac, roulée en cigarette souvent de forme conique (le joint, le pétard, le stick…)

Le haschich (shit)



Résine obtenue à partir des sommités fleuries de la plante, obtenue par pressage. Se présente sous la forme de plaques compressées, barrettes de couleur verte, brune ou jaune selon les régions de production et la teneur en THC. Le haschich est le plus souvent mélangé à du tabac pour être fumé. La résine est souvent coupée avec d'autres substances plus ou moins toxiques comme le henné, la paraffine, le cirage, des excitants …).

L'huile
Liquide noirâtre, gras et onctueux. Elle est obtenue par macération de haschich et d'alcool. Préparation très riche en THC (très concentrée) et consommée généralement à l'aide d'une pipe. Son utilisation est actuellement peu répandue.
Plus rarement le cannabis peut être ingéré sous formes de préparations culinaires : gâteau ("space cake"), omelette, infusion, etc.
Herbe et résine de cannabis peuvent avoir plusieurs appellations : shit, beu, chichon, zamal, etc … marocain, libanais, afghan, selon la provenance.

Quelques chiffres :
On constate, depuis quelques années une augmentation de la consommation de cannabis chez les jeunes. A l'heure actuelle, à 18 ans, plus de la moitié des jeunes (66% des garçons et 52% des filles) a déjà fumé au moins une fois du cannabis ; et un garçon sur cinq (22%) et une fille sur dix (9%) en consomme régulièrement. Ces chiffres sont 2 à 3 plus élevé qu'il y a dix ans.
Parallèlement, les demandes de prises en charge liées à la consommation de cannabis ne cessent d'augmenter. Il n'est plus rare de voir des adolescents pousser la porte d'un centre de soins ; soit ils viennent d'eux-mêmes, soit ils sont adressés par l'établissement scolaire, ou encore par la justice. La proportion de cette demande est passée de 16% en 1998 à 25% en 2002.
Au-delà de ces chiffres, c'est aussi le caractère de plus en plus jeunes des consommateurs qui est inquiétant. Il est effet démontré que les conséquences sanitaires liées à la consommation de cannabis, en particulier l'apparition d'une dépendance ou de troubles psychiques, sont plus élevés en cas de consommation précoce. La période de l'adolescence où le cerveau est encore en phase de maturation est particulièrement critique.
D'autre part, et il faut le souligner, le cannabis fumé aujourd'hui est de 2 à 5 fois plus concentré qu'il y a une trentaine d'années.

Combien coûte le cannabis ?
En France le pris du cannabis varie entre 4 à 8 euros le gramme. En moyenne, une barrette de 3 grammes ou un sachet de 3 grammes d'herbe coûtera entre 12 à 18 euros.
Une étude récente de l'OFDT (Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies) révèle que les usagers qui achètent régulièrement du cannabis dépensent entre 25 à 80 euros par mois ; il faut prendre en compte la quantité journalière consommée, le type de cannabis, sa teneur en THC, etc.

L'usage du cannabis est il autorisé ?
NON Le cannabis est un produit illicite et interdit par la loi. L'usage, la culture, la vente ou le seul fait d'en posséder sur soi, même si c'est pour un usage personnel peuvent entraîner de graves sanctions pouvant aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 3500 euros d'amende.
La culture du produit est considéré comme un acte de trafic grave dont la peine peut aller jusqu'à vingt ans de réclusion et 7 500 000 euros d'amende. En pratique, toutefois, le législateur prévoit des peines de prison et des amendes limitées dans le cas ou il s'avère que l'usager utilise le produit à des fins personnels.
Par ailleurs, les signes ostentatoires d'une référence au cannabis sont également proscrits par le loi (T shirt avec feuille de cannabis, boucles d'oreilles, etc…)
Références : art. L.3421-1 du code de la santé publique, arrêté du 22 août 1990 (JO, 4 oct., p.12041) modifié, art. 222-35 du Code pénal. Cour de cassation, 9 mars 1992 (Bull., n°103, p. 267) et 5 févr. 1998 (Bull., n°49, p. 134).

Quels sont les effets du cannabis ?
Les effets varient selon plusieurs critères : l'état psychique et physique de l'usager, le contexte dans lequel il consomme, la quantité de produit ingéré ou inhalé, la concentration de THC, la fraîcheur du produit et la manière de le consommer :
- légère euphorie, bien être, sentiment d'apaisement et d'une envie de rire, légère somnolence ; modification du temps vécu et de l'espace ; un gonflement des vaisseaux sanguins (yeux rouges, oedème oculaire) ; parfois effets inverses (dysphorie, retrait social, hallucinations, nausées)
- cliniquement, on relève une tachycardie (augmentation du rythme cardiaque), une sécheresse de la bouche, une démarche hésitante, incoordination motrice, tremblements fins
- sur le plan cognitif on relève des troubles de l'attention et de la mémoire antérograde (récente) ; un allongement du temps de réaction ; quelquefois un sentiment de dépersonnalisation
- syndrome amotivationnel entraînant un désintérêt, une indifférence affective, perte des intérêts extérieurs pouvant entraîner des difficultés scolaires (problèmes de mémoire) et/ou professionnels
- A doses élevées, des difficultés peuvent apparaître pour accomplir certaines tâches complexes. Des troubles du langage et de la coordination motrice peuvent apparaître et le temps de réaction est augmenté
- Ces effets peuvent être dangereux si l'on conduit une voiture ou si l'on travaille sur des machines (baisse de la vigilance, diminution des réflexes, …)

Combien de temps durent les effets du cannabis ?
Les composants actifs contenus dans la fumée de cannabis passent des poumons dans le sang et atteignent le cerveau en moins d’une minute. Même s’il reste des traces de cannabis dans l’organisme pendant plusieurs jours ou semaines en cas de consommation régulière, les effets sur les sensations, les perceptions, les comportements durent de 2 à 4 heures, et peuvent quelquefois persister jusqu'à 24 heures. Lorsque le cannabis est ingéré, les effets n'apparaissent qu'après digestion (1 à 2 heures) et ont une durée un peu plus longue (4 à 6 heures).
Pour un consommateur régulier, les traces de cannabis peuvent persister de 4 à 6 semaines dans les urines. A l'heure actuelle plusieurs entreprises (Air France, la SNCF, la RATP, Usine Peugeot, …) recherchent ces traces lors des embauches de nouveaux salariés. Par ailleurs des contrôles intempestifs peuvent être réalisés au sein de l'entreprise ; la découverte de cannabis lors de ces contrôles peut entraîner une procédure de licenciement.

Peut-on être dépendant du cannabis ?
Dépendre, c'est, comme le souligne le dictionnaire, "être suspendu à…" ou "se réaliser sous l'action de…"
La dépendance se met en place de façon progressive. Dés qu'il devient difficile ou insupportable de se passer de cannabis, on peut parler de dépendance. L'absence de ce produit crée des troubles et des souffrances psychologiques et/ou physique que l'absorption du produit fait disparaître ou atténue.
Avec les drogues, la dépendance peut se manifester de deux manières :
- physiquement, le manque du produit se manifeste par une souffrance intense (anxiété, sueurs, sensations de chaud-froid, angoisse, insomnie, douleurs musculaires et viscérales, diarrhées, …) qui ne peut être calmée que par la reprise du produit ou en utilisant un produit de substitution ou un traitement médicamenteux.
- psychologiquement, lorsque l'usager ressent le besoin impérieux de consommer le produit pour retrouver un état de "bien être".

Avec le cannabis, il ne semble pas qu'il existe une dépendance physique (hormis celle qui existe lors d'une consommation de tabac). En revanche, les signes de dépendance psychologique sont beaucoup plus fréquents : irritabilité, énervement, stress, sentiment de malaise, insomnie, …
Toutefois, le degré de dépendance dépend de la quantité de produit ingéré, de sa teneur en THC, de la régularité de la prise du produit, de la personnalité du sujet, de ses conditions de vie.
Ainsi, plus la personne qui souhaite arrêter est dépendante, plus ce passage peut être difficile à gérer et peut nécessité une aide extérieure (consultations psychologiques et/ou médicales).

Le cannabis favorise-t-il le cancer du poumon ?
OUI. Associé à celui du tabac, l'usage de cannabis induit des altérations fonctionnelles des voies respiratoires affectant les bronches. De plus, le THC dilate les bronches et les alvéoles pulmonaires permettant à la fumée toxique d'y pénétrer plus facilement et plus profondément.

Cannabis et mémoire ?
Un usage régulier de cannabis, même de courte durée, entraîne des perturbations au niveau de la mémoire immédiate. La mémoire immédiate permet de se souvenir ce que je viens de voir, d'entendre ou de percevoir ; sous l'effet du cannabis le sujet éprouve de grandes difficultés à se souvenir de ce qu'il vient de vivre (la mémoire antérograde, celle du passé n'est par contre pas altérée). Ainsi, on rencontre fréquemment des adolescents en échec scolaire suite à une consommation régulière de cannabis ; il en va de même dans le milieu professionnel.

Cannabis et motivation ?
La consommation de cannabis diminue la capacité et l'intérêt à réaliser des tâches d'apprentissage ou des activités demandant une certaine concentration (scolaires, professionnelles, etc…). Les usagers sont moins motivés pour entreprendre des initiatives, pour se remettre en question (syndrome amotivationnel : perte des intérêts extérieurs, repli sur soi, …). Par la suite, un engrenage peut se mettre en place : plus je fume, moins je suis motivé et par conséquent moins je suis motivé et plus je fume (les préoccupations de l'usager sont alors uniquement orientées vers la recherche et l'obtention du produit).

Cannabis et conduite automobile ?
La consommation de cannabis est incompatible avec la conduite automobile car elle modifie les perceptions, auditives et visuelles, et perturbe l'appréciation des distances et des réflexes.
Par ailleurs, depuis quelques temps un dépistage systématique est réalisé par la gendarmerie lors d'accidents corporels (recherche de produits stupéfiants : cannabis, drogues et médicaments). La loi du 3 février 2003 punit de deux ans d'emprisonnement et 4500 euros d'amende toute personne ayant conduit sous l'influence de substances classées comme stupéfiants.
La prise combinée d'alcool et de cannabis aggrave considérablement ces effets, même si l'alcool a été consommé en petite quantité.

Pourquoi les jeunes consomment du cannabis ?
L'adolescent commence souvent à fumer des "joints" par curiosité, pour essayer un produit dont il a entendu parler depuis longtemps (par des amis, la famille, la télévision, ….), par sollicitations de l'entourage, par le désir d'appartenir à un groupe qui permet de partager les mêmes expériences.
Comme pour toutes les drogues, le cannabis peut être utilisé soit pour le "plaisir", pour obtenir un état de "bien être", soit pour masquer une problématique sous-jacente.

Cannabis et femme enceinte ?
La consommation de cannabis par une femme enceinte peut entraîner un certain nombre de problèmes sur la grossesse et sur la périnatalité :
- un risque d'hypotrophie
- troubles du comportement et du sommeil chez le nouveau-né
- troubles du comportement lors de la petite enfance et lors des premiers apprentissages (problèmes pour mémoriser et pour rester attentif).
Par ailleurs, il est également déconseillé de fumer du tabac.

Quelques tests pour voir où j'en suis :

Premier test :
• Je manque d'énergie pour faire des choses qui m'intéressait habituellement.
• Je suis anxieux, irritable si je ne consomme pas.
• J'ai des problèmes de mémoires ou de concentration.
• J'ai eu des problèmes psychologiques (anxiété, sentiment de persécution,
hallucinations, troubles psychiques …).
• J'éprouve le besoin de fumer du cannabis pour me sentir bien et supprimer un mal-être.
• On m'a déjà fait des remarques sur ma consommation.
• Ma consommation perturbe ma vie personnelle, mes études, mon travail.

Si vous vous retrouvez dans au moins trois de ces situations, il est important de demander de l'aide à une personne qualifiée de votre choix, et en qui vous avez confiance.

Deuxième test :
• Votre entourage s'est-il plaint de votre usage de cannabis ?
• Avez-vous des problèmes de mémoire immédiate ?
• Avez-vous déjà eu des épisodes délirants lors d'usage de cannabis ?
• Considérez-vous qu'il est difficile de passer une journée sans "joints" ?
• Manquez-vous d'énergie pour les choses que vous faisiez habituellement ?
• Vous êtes-vous déjà senti préoccupé par les effets de votre usage de cannabis ?
• Avez-vous plus de difficultés à étudier, à intégrer des informations nouvelles ?
• Avez-vous déjà essayer de diminuer ou d'arrêter votre usage de cannabis ?
• Aimez-vous "planer", être "défoncé(e)" dès le matin ?
• Êtes-vous de plus en plus souvent "défoncé(e) ?
• Avez-vous ressenti le "manque", des maux de tête, de l'irritabilité ou des
difficultés de concentration quand vous diminuez ou arrêtez l'usage du cannabis ?

Trois réponses ou plus suggèrent un usage problématique de cannabis et devrait vous engager à consulter un professionnel.

Pour la famille :

Je crois que mon enfant se drogue ; comment en être sûre ?
Quoiqu'il en soit, les conseils qui vont suivre ne sauraient remplacer une étude approfondie de la problématique de l'usager et/ou de sa famille. Nous vous recommandons donc de nous contacter ou de remplir le formulaire afin d'obtenir une réponse personnalisée et de déterminer les actions les plus appropriées.

La réponse ne peut être unique ; elle va dépendre de chaque adolescent.
Les indices les plus fréquents sont :
- yeux rouges et pupilles dilatées,
- difficulté d'élocution, propos décousus,
- irritation, bouche sèche, haleine particulière,
- odeur de fumée différente de celle du tabac (imprégnation des vêtements),
- difficulté de se souvenir de ce qui vient de se passer, d'être dit,
- vous trouvez du papier pour rouler des cigarettes (pour faire des "joints"),
- il possède des petits sachets en plastique ou une "barrette" de shit,
- vous observez une chute rapide des résultats scolaires, avec un absentéisme grandissant,
- vous le sentez moins motivé, moins enclin à s'investir dans de nouvelles activités ou à poursuivre celles existantes,
- vous observez un changement dans ses relations,
- les absences sont de plus en plus nombreuses, les excuses de plus en plus scabreuses,
- il se replie sur lui-même, s'enferme dans sa chambre et ouvre les fenêtres pour aérer,
- il devient irritable, les conflits avec l'entourage sont de plus en plus nombreux sans que ceux-ci soient véritablement justifiés,
- vous constatez des disparitions d'argent, la vente d'une partie de ses affaires (cd, dvd, jeux vidéo, …),
- il est souvent "pendu" au téléphone.
Si vous constatez une partie de ces indices, il est préférable de lui en parler et de lui faire part de vos inquiétudes au sujet de vos découvertes.

Mon enfant se drogue : que puis-je faire ?
Avant évitez de faire "l'autruche" si vous avez remarqué une consommation de cannabis.
Pas de précipitation, ni de panique : prenez le temps de réfléchir, prenez conseil auprès de spécialistes, consultez un Centre de soins spécialisé pour vous faire aider. Instaurez un dialogue et un minimum de confiance : évitez de "l'engeuler", parlez ouvertement avec lui, évitez de le "fliquez".
N'abordez pas la discussion s'il est sous l'emprise de la drogue ou si vous-même êtes sous l'effet de la colère.
Ayez un discours crédible avec un maximum d'objectivité.
Ne vous isolez pas : chercher des conseils auprès de spécialistes n'est pas une marque de faiblesse ; il existe des groupes de parole pour les parents dont les enfants sont usagers de drogue.
Evitez de culpabiliser et incitez le à se prendre en charge et à se faire aider et soigner.
Fumer un "joint" ne rend pas toxicomane, de même que boire un verre ne rend pas alcoolique ; en revanche, fumer ou boire comporte des risques dont il faut pouvoir parler.

Mon fils se drogue mais il ne veut rien entendre ; que faire ?
Inutile donc de lui "prendre la tête" ; il est important que vous puissiez en parler avec quelqu'un, que vous puissiez exprimer votre souffrance par rapport à cette problématique. Contactez un spécialiste dans un centre de soins, prenez des renseignements sur ce que vous pourriez faire, et dites à votre fils que vous avez fait des démarches pour essayer de comprendre la situation. Le centre pourra vous remettre de la documentation, des informations par rapport aux différents produits stupéfiants.
Vous pouvez également contacter différents organismes qui pourront vous renseignez et vous donnez des informations pertinentes :

DROGUES INFO SERVICE : 0 800 23 13 13
anonyme et gratuit depuis un poste fixe ou 01 70 23 13 13 depuis un portable coût d'une communication ordinaire

ECOUTE CANNABIS 7j/7 : 0 811 91 20 20
anonyme, coût d'une communication locale depuis un poste fixe

WWW.DROGUES.GOUV.FR : rubriques, adresses utiles et foire aux questions.

Est-il dangereux d'arrêter brutalement ?
Il est bien évident que cela dépend du type de fumeur : est-il un fumeur occasionnel ou un fumer régulier ? Quelle est la teneur en THC du produit ? Combien de "joints" fume-t-il par jour ?
Il faut également prendre en compte la consommation tabagique, il existe souvent une dépendance au tabac étant donné qu'il est associé au produit. Il est nécessaire, pour pouvoir arrêter toute consommation de cannabis de modifier, de changer ses habitudes. Par ailleurs lors de l'arrêt du cannabis l'usager devra veiller à ne pas augmenter sa consommation tabagique ou chercher un autre produit pour combler ce manque.
L'arrêt du cannabis peut faire émerger certains problèmes que la consommation du produit avait masqué : troubles du sommeil, nervosité, irritabilité, troubles du comportement, anxiété, problèmes relationnel avec l'entourage ou les amis, …
Il paraît important que lors de l'arrêt un temps soit réservé à la parole avec un spécialiste (médecin ou psychologue) afin d'apprécier les risques liés à l'usage, les "recettes" pour arrêter et les moyens qui peuvent aider à la réussite et limiter les rechutes.

Mon fils fume des joints, risque-il d'aller plus loin ?
Ce n'est pas parce que votre fils fume des joints qu'il cela va l'entraîner inévitablement vers les drogues dures ; mais généralement tous les héroïnomanes ont commencé par fumer du cannabis. Un autre problème est que les adolescents se tournent vers des jeunes qui ont la même problématique et ainsi ils ne voient que des adolescents du même milieu. L'appartenance au groupe peut devenir hasardeux quand, lors d'une rencontre il ne circule plus que de l'héroïne, de la cocaïne ou un autre produit qui n'avait jamais été utilisé jusqu'alors. Il y a donc plus de risque à être entraîné vers d'autres substances.



TABAC

Pour les usagers :

Un petit historique :
Le tabac existe depuis la nuit des temps, depuis plus de 3000 ans en Amérique. Le nom de tabac provient de l'île de Tobago dans l'Archipel des petites Antilles où il était cultivé. Fumé par les Aztèques et les Incas, le tabac avait pour eux la vertu de lutter contre la faim et contre la fatigue.
Les premières graines de tabac sont rapportées en Europe en 1520. Quelques années plus tard, au Portugal, le tabac est cultivé et utilisé comme plante médicinale. Jean Nicot, ambassadeur de France dans ce pays, envoie en 1561, des feuilles de tabac à la reine de France, Catherine de Médicis, pour soulager ses migraines. Elle décide d'en cultiver dans différentes régions françaises dont l'Alsace.
Par la suite, dès le XVIème siècle le tabac est connu dans le monde entier.
C'est en 1830 qu'apparaissent les premières cigarettes ; en 1843 la première machine à fabriquer les cigarettes est inventée. En 1877, la Régie Française des tabacs lance les Hongroises qui deviendront les Gauloises, un peu plus tard, un des grands succès du tabac français puisqu'elles seront vendues dans le monde entier.
Actuellement, plus de 20 milliards de cigarettes sont fumées par jour dans le monde ; soit plus de 7 milles milliards par an.
Depuis quelques années la consommation de tabac tend à baisser du fait de l'augmentation de son prix et des différentes mesures gouvernementales qui sont prises dans diverse pays (interdiction de fumer dans les lieux publics en Italie, en Norvège et en Angleterre ; d'autres pays européens devraient suivre.

Quels ont été les liens entre l'état et le tabac ?
C'est le Cardinal de Richelieu qui institua le premier impôt sur le tabac en 1586. Colbert, ministre des finances sous Louis XIV en fit un monopole d'état de la vente et instaura en 1681 le monopole de sa fabrication. Ce n'est que depuis l'an 2000 que l'état français s'est désengagé de la Seita, qui détenait le monopole de la production et de la distribution des cigarettes.

Qui fume ?
On compte environ 15 millions de fumeurs en France. Les adultes fumeurs consomment en moyenne 18 cigarettes par jour, mais il existe de grandes disparités : ainsi, un quart d'entre eux fument 5 cigarettes par jour mais 5 % fument plus de deux paquets par jour. On compte environ 60 000 décès par an en France.

A quel âge commence-t-on à fumer ?
En moyenne, les jeunes fument leur première cigarette vers 14 ans et demie et commencent à fumer régulièrement vers 16 ans. La prise de la première cigarette se fait rarement seul ; elle se fait soit en famille, soit avec les copains.

Ce n'est donc pas par plaisir que l'on fume la première cigarette mais en réponse à une stimulation autre que celle du tabac. C'est souvent le copain ou la copine qui propose la première cigarette, qui d'ailleurs n'engendre pas des effets positifs : irritation de la gorge, nausées si elle est fumée trop rapidement.

L'installation de la tolérance :
La tolérance s'installe progressivement entraînant progressivement un certain "plaisir" lié au fait de fumer. Par la suite, l'habitude tabagique va prendre le relais de façon insidieuse augmentant la consommation tabagique jusqu'à arriver à terme à une dépendance tabagique.

Qu'est ce que la dépendance tabagique ?
Le tabagisme entraîne une dépendance et peut être considéré comme une toxicomanie à part entière. Chez la plupart des fumeurs on retrouve au moins un des critères d'un type de dépendance :
- la dépendance comportementale dépend de la pression sociale et conviviale.
- la dépendance psychique liée aux effets psycho actifs de la nicotine : plaisir, détente, stimulation intellectuelle, action tranquillisante, antidépressive et anorexigène.
- la dépendance physique survient après plusieurs années de consommation et se traduit par un syndrome de manque psychique (sensation de tension nerveuse, angoisse, nervosité, insomnie, irritabilité, voire dépression) et physique (tremblements, hypersudation) et par la pulsion irrésistible de reprendre une cigarette (cette dépendance peut être calculée avec le test de Fagerström, cf plus bas). Certains de ces fumeurs utilisent la nicotine comme un antidépresseur et un anxiolytique : le tabagisme peut avoir l'effet d'une automédication.

La nicotine est l'alcaloïde essentiel du tabac et le principal responsable de la dépendance. Ce produit atteint le cerveau en 9 secondes (donc plus rapidement qu'une injection intraveineuse) facilitant la libération de certains neurotransmetteurs. A cause de la demi-vie d'élimination relativement courte (2 à 3 heures) de la nicotine, le taux de ce produit (la nicotinémie) augmente régulièrement pendant 6 à 8 heures de consommation régulière, puis culmine en plateau jusqu'à la dernière cigarette de la journée. La nicotinémie diminue rapidement pendant la nuit. De ce fait, le fumeur doit fumer régulièrement durant la journée afin de maintenir un taux élevé de nicotine dans le sang. Ceci explique également, que bien souvent le fumeur allume sa première cigarette dès le réveil.

Suis-je dépendant ou non ?
Le test de Fagerström permet de mesurer la dépendance pharmacologique au tabac :

Combien fumez-vous de cigarettes par jour ?
0 - moins de 15
1 - de 15 à 25
2 - plus de 25

Taux de nicotine de vos cigarettes ? (inscription sur le paquet)
0 - moins de 0.8 mg
1 - de 0.8 à 1.5 mg
2 - plus de 1.5 mg

Avalez-vous la fumée ?
0 - jamais
1 - parfois
2 - toujours

Après le réveil, vos premières cigarettes sont-elles plus rapprochées que celles de la journée ?
1 - oui
0 - non

A quel moment fumez-vous votre première cigarette ?
3 - immédiatement après le lever
2 - après le petit déjeuner
1 - plus tard

Quelle cigarette trouvez-vous la meilleure ?
1 - la première
0 - une autre

Fumez vous même si une maladie (grippe,….) vous oblige à rester alité ?
1 - oui
0 - non

Trouvez-vous difficile de ne pas fumer dans les endroits interdits (cinéma, métro,..) ?
1 - oui
0 - non

Résultats :
Faites la somme des points. Cette somme indique la dépendance au tabac
- Si vous avez de 0 à 3 : Fumeur peu ou pas dépendant à la nicotine
- Si vous avez de 4 à 6 : Fumeur dépendant à la nicotine
- Si vous avez de 7 à 9 : Fumeur fortement dépendant à la Nicotine
- Si vous avez 10 ou plus : Fumeur très dépendant à la nicotine

Composition de la fumée du tabac :
En fumant une cigarette, 3 types de fumées sont produits :
- la fumée principale qui entre dans la bouche du fumeur quand il tire sur sa cigarette.
- la fumée latérale qui s'échappe dans l'environnement quand il ne tire pas sur sa cigarette et qui est la plus toxique car les concentrations sont différentes (par exemple celle de monoxyde de carbone est y est 2,5 fois plus élevée).
- la fumée tertiaire expulsée par le fumeur qui est beaucoup moins toxique puisqu'elle est passée par le filtre des poumons.

Que contient la fumée de cigarette ?
La fumée de cigarette contient plus de 3000 substances dont plus de quarante sont cancérigènes. Une cigarette renferme du tabac, de la nicotine des agents de saveur et de texture. Une fois allumée, de très nombreuses substances toxiques sont inhalées ou rejetés dans l'atmosphère, comme les goudrons, des gaz toxiques (monoxyde de carbone, oxyde d'azote, acide cyanhydrique, ammoniac) et des métaux lourds (cadmium, mercure, plomb, chrome).
Les goudrons sont responsables des cancers : un fumeur d'un paquet par jour inhale 250 mg de goudrons par an, soit l'équivalent de deux pots de yaourt. Ils recouvrent les poumons d'une substance brune noire.
Les filtres permettent de réduire un peu la toxicité du tabac. La composition de la fumée dépend de la façon de fumer. Plus le filtre est court plus la toxicité est importante. La durée de l'inspiration modifie également la quantité de substance qui passe dans le sang.

Huit règles pour faciliter l'arrêt de fumer :
1. Etablissez une liste des inconvénients et des avantages de l'arrêt.
2. Fixer une date d'arrêt et respectez-là (anniversaire, nouvel an, naissance,…)
3. Débarrassez-vous de toutes vos cigarettes, briquets et cendriers.
4. Utiliser un substitut nicotinique (patch, gomme à mâcher,…) ou du Ziban prescrit par un médecin; ils atténuent les symptômes de manque et multiplient par deux vos chances de succès. Ils permettent également d'avoir un suivi régulier avec votre médecin.
5. Evitez de reprendre une cigarette.
6. Evitez le contact avec vos proches toujours consommateurs.
7. Cherchez du soutien auprès de vos proches et/ou auprès de professionnels de la santé (médecin tabacologue dans un centre de soins ou psychologue).
8. Changez votre comportement ; utilisez des activités de diversion quand l'envie de fumer devient importante. L'envie de fumer ne dure jamais longtemps à condition que l'on occupe son esprit à autre chose (sortir se promener, lire un livre, boire un grand verre d'eau,…).

Qu'est-ce que le tabagisme passif ?
C'est une exposition involontaire à la fumée du tabac Le tabagisme passif provoque quelques 3000 morts prématurés par an.. On estime qu'environ 10% de la fumée est inhalé par une personne non fumeuse pouvant avoir de graves répercussions sur la santé du non fumeur. Il est bien évident que ces conséquences dépendent de la durée et de l'intensité de l'exposition.
Pour le fœtus, il entraîne un risque de retard intra-utérin et un petit poids de naissance (enfant hypotrophe) ; pour l'enfant, on observe une augmentation du risque de mort subite du nourrisson, une fréquence accrue des bronchites, des otites, des gastro-entérites et des crises d'asthmes.
Pour l'adulte, le fait d'être confronté au tabagisme passif augmente de 25% le risque d'un accident cardiaque et du cancer du poumon ; il altère les parois des artères et double le risque d'accident vasculaire cérébral.

Quel est le coût du tabac pour un fumeur ?
Un fumeur qui fume un paquet de cigarettes par jour dépense 35 euros par semaine, soit 245 euros par mois, soit 2940 euros par an. Si ce fumeur fume pendant 20 ans il aura dépenser 58800 euros (soit 386316 francs), sans compter les coûts annexes : briquets, papier à cigarette, vêtements brûlés,
Si un fumeur fume deux paquets par jours et pendant 20 ans il dépensera 117600 euros (soit 772632 francs).
Le coût est donc énorme ; le fumeur pourrait économiser ces 5 euros journalier et l'investir dans d'autres domaines (voyages, substituts nicotiniques,…).

Suis-je motivé pour arrêter de fumer ?
Il est possible d'évaluer le degré de motivation pur arrêter de fumer par l'intermédiaire de l'Echelle Q-MAT :
- Pensez-vous que dans 6 mois :
- Vous fumerez toujours autant ? 0
- Vous aurez diminué un peu votre consommation de cigarettes ? 2
- Vous aurez beaucoup diminué votre consommation de cigarettes ? 4
- Vous aurez arrêter de fumer ? 8

- Avez-vous actuellement, envie d'arrêter de fumer ?
- Pas du tout 0
- Un peu 1
- Beaucoup 2
- Enormément 3

- Pensez-vous que dans quatre semaines :
- Vous fumerez toujours ? 0
- Vous aurez diminué un peu votre consommation de cigarettes ? 2
- Vous aurez beaucoup diminué votre consommation de cigarettes ? 4
- Vous aurez arrêter de fumer ? 6

- Vous arrive-t-il de ne pas être content (e) de fumer ?
- Jamais 0
- Quelquefois 1
- Souvent 2
- Très souvent 3

(Score total/20)

Grille de lecture :
- inférieur ou égal à 6 points : motivation insuffisante
- de 7 à 12 points : motivation moyenne
- supérieur à 12 points : bonne ou très bonne motivation

Sevrage tabagique ; comment prévenir les rechutes ?
Une dépendance, ou addiction, dépend de plusieurs facteurs qu'il faudra prendre en compte : des facteurs physiques, psychologiques et sociaux.
La persistance ou la réapparition de la dépendance physique survient surtout dans les premiers mois lorsque les substituts nicotiniques (patchs, gomme à mâcher, Ziban,…) ont été prescrit à doses insuffisantes ou lorsqu'il ont été arrêter trop précocement.
Les premiers troubles psychologiques se manifestent généralement par de la nervosité, de l'irritabilité, voire des colères, avec une forte envie de cigarettes. De même, les états anxieux, stressants sont souvent la cause de rechutes. Lors d'un choc psychologique (deuil, séparation, perte d'un travail) l'envie de fumer peut apparaître très rapidement. Mais, inversement la rechute peur également se présenter lors d'un évènement positif.
La prise de poids, lors d'un sevrage tabagique, peut aussi entraîner un risque de rechute. Il ne s'agit pas alors de faire un régime alimentaire contraignant (on ne peut pas tout faire en même temps) mais juste de respecter certaines règles alimentaires :
- évitez les aliments gras (charcuterie, pâtisseries, plats en sauce, …)
- préférez les viandes maigres, les poissons, les fruits, les légumes,
- modérez votre consommation d'alcool,
- buvez de l'eau régulièrement dans la journée,
- augmentez vos efforts physiques
- faites vous aidez par votre médecin ou par des professionnels (psychologue, tabacologue) auprès de qui vous pouvez faire un suivi au long cours.
Quoiqu'il en soit, devant toute rechute il est important de ne pas dramatiser et de voir cela comme un incident de parcours. Vous n'êtes pas coupable d'un manque de volonté mais victime de la dépendance.

Quels sont les effets de l'arrêt du tabac ?
Les bénéfices de l'arrêt interviennent presque immédiatement :
- 20 mn après la dernière cigarette : la pression sanguine et les pulsations du cœur redeviennent normales
- 8 heures après : la quantité de monoxyde de carbone diminue de moitié. L'oxygénation des cellules redevient normale.
- 24 heures après : le risque d'infarctus du myocarde diminue déjà. Le corps ne contient plus de nicotine
- 48 heures après : le goût et l'odorat s'améliorent. Les terminaisons nerveuses gustatives commencent à repousser.
- 72 heures après : respirer devient plus facile. Les bronches commencent à se relâcher et on se sent plus énergique.
- 2 semaines à 3 mois après : la toux et la fatigue diminuent. On récupère du souffle. On marche plus facilement
- 1 à 9 mois après : les cils bronchiques repoussent. On est de moins en moins essoufflé.
- 1 an après : le risque d'infarctus du myocarde diminue de moitié. Le risque d'accident vasculaire cérébral rejoint celui du non fumeur.
- 5 ans après : le risque du cancer du poumon diminue presque de moitié.
- 10 à 15 ans après : l'espérance de vie redevient identique à celle des personnes n'ayant jamais fumé.

Pour la famille :

Comment parler du tabac à mon enfant ?
Il est important de pouvoir en parler ouvertement et de ne pas banaliser un début précoce d'une consommation. Il n'est pas nécessaire d'être un spécialiste de la santé pour aborder le sujet avec lui. L'essentiel est dans le dialogue, l'écoute et la confiance réciproque. Grâce au dialogue, l'adolescent peut comprendre les dangers liés à tel type de comportement même s'il ne la pas encore vécu lui-même. Vous pouvez le cas échéant obtenir des informations auprès de votre médecin ou dans un Centre de Soins. Des consultations peuvent également être assurées par un médecin tabacologue dans le même type de structure.

Pourquoi en parler ?
Parce que les parents détiennent l'autorité. C'est à vous de mettre en garde votre enfant sur d'éventuels dangers. De toute façon il en entend parler par les copains, les médias. Il est important de le faire vers 11 ans, car c'est à peu près vers cet âge que transgresser l'interdit peut paraître attrayant. Lors de l'arrivée au collège, il sera peut être intrigué voire fasciné par l'aspect initiatique de la cigarette, du cannabis qui lui permettrait de rentrer dans une bande, de faire comme les copains. En parler avec lui, c'est l'avertir des dangers de la drogue.
Ce n'est pas une garantie qu'il ne fumera jamais, mais le jour où il sera confronté avec des copains qui fument, il se sentira moins vulnérable et sera plus en confiance pour en parler avec vous. De plus, si un adolescent fume cela peut cacher des troubles plus graves. Il faut vous interroger pour savoir s'il n'y a pas un problème d'anxiété.

Que faire si mon enfant fume ?
Il est important de ne pas banaliser une consommation même minime. Les risques de dépendance au tabac augmentent en fonction de l'âge (plus on consomme jeune, plus les risques de dépendance augmentent), du stress et de l'entourage qui fume (parents, enseignants, amis,…).
On peut toujours parler des risques sur la santé (le cancer parait bien loin pour un adolescent et le tabagisme est souvent associé à des moments de fêtes et de détente entre copains), mais il est bon de privilégier la discussion sur les motivations et surtout de contrecarrer les "bénéfices du tabac" aux yeux de l'adolescent.
- la cigarette n'est pas une libération mais une des dépendances dont il est le plus difficile de s'affranchir.
- essayer de maintenir l'interdit à la maison et dans les lieux fermés (voiture, ..)
- fumer coûte cher. Calculez ensemble ce qu'il pourrait s'offrir au bout de 6 mois de consommation.
- la fumée de cigarette sent mauvais et donne mauvaise haleine. Dans une période où on expérimente ses premiers baisers, ce n'est pas terrible ! Fumer n'est pas un accessoire de séduction.
- les performances sportives sont diminuées : la capacité respiratoire est amoindrie même chez les jeunes fumeurs.
- En s'affirmant différents de ceux qui fument, on gagne le respect des autres pour avoir oser dire non.
- lui proposer de consulter un médecin ou prendre rendez-vous dans une consultation en tabacologie.
- maintenir le dialogue à tout prix.

Pourquoi il fume ?
Les méfaits du tabagisme restent éloignés des préoccupations des adolescents qui vivent l'instant présent et ne se sentent pas concernés par la maladie ou la mort. Cette attitude est renforcée par la fait que la cigarette est un moyen de se sentir adulte. Elle peut aussi être un défit aux interdits imposés par les parents.
- il peut fumer pour faire partie d'un groupe, "faire comme les autres", et surtout ne pas se sentir exclu, rejeté hors du groupe.
- le groupe est le lieu de toutes les surenchères et parfois de nombreux défis : fumer sans tousser, avalée la fumée, savoir faire des ronds de fumée, …
- fumer est souvent une façon pour les jeunes de se démarquer de l'enfance.
- La nicotine est un stimulant, "elle donne la pêche", mais surtout elle permet de réduire l'angoisse qu'ils peuvent ressentir à certaines occasions.

Quels sont les traitements autorisés pour les adolescents ?
Les substituts nicotiniques peuvent être utilisés pour aider les jeunes qui sont physiquement dépendant du tabac à partir de l'âge de 15 ans. Ces traitements sont en vente libre dans les pharmacies ; mais il est préférable d'en discuter avant avec votre médecin généraliste ou avec médecin tabacologue dans un Centre de Soins. Ils ont fait leur preuve et doublent, voire triplent les chances de succès.
En ce qui concerne le bupropion LP (le Ziban), il ne peut être prescrit qu'a des personnes de plus de 18 ans.

Une petite expérience mettant en évidence les effets du tabac sur les poumons :
L'expérience nécessite comme matériel : une cigarette, des allumettes, une bouteille de 1,5 l en plastique, une vielle tétine ou un bouchon percé de la taille exacte d'une cigarette, du coton, une cuvette, une paire de ciseaux à bout pointu ou un autre outil pour percer la bouteille.
Remplissez la bouteille à moitié d'eau, placez-la dans la cuvette vide. Placez un peu de coton dans la partie haute de la bouteille, sans qu'il touche l'eau. Placez le bouchon percé ou la tétine sur la bouteille. Positionnez la cigarette sur la tétine. Allumez la cigarette et aussitôt percez le fond de la bouteille. Celle-ci se vide progressivement de son eau alors que la fumée emplit la bouteille, attirée par la dépression provoquée par la descente de l'eau. Quand la bouteille s'est vidée de son eau, éteignez la cigarette. Observez la couleur jaune sale de la fumée qui a emplit la bouteille et imbibe le coton. La fumée que vous avez vu arriver dans la bouteille est la même que celle qui arrive dans les poumons des fumeurs.


Nous fumons tous les deux, peut-on quand même en parler à nos enfants ?
Les petits enfants perçoivent déjà très bien tout ce qui se passe autour d'eux. Ainsi, leurs premières représentations du tabagisme sont fortement influencées par le comportement de leurs parents. Il est clair, que plus l'enfant est confronté à la consommation régulière de tabac de leurs parents, plus les risques qu'il devienne fumeur lui-même sont grands. Par ailleurs, la position des enfants de parents fumeurs est souvent moins négative par rapport au tabac.
Toutefois, la place du tabac dans la vie d'un adulte ne doit pas empêcher de parler des problèmes qu'il peut engendrer, en s'adaptant à l'âge de l'enfant. Avec les petits enfants, il faut être prudent et ne pas exposer tous les risques sur la santé. On peut leur parler plutôt de l'odeur, de la toux ou de la dépendance. Lorsqu'ils sont plus grands, on peut être plus précis sur les risques encourus. C'est l'occasion pour les parents fumeurs de parler du contexte de leurs premières cigarettes, de leur dépendance, de leur consommation de début et celle actuelle, des désagréments que la cigarette engendre, de leur difficulté à arrêter, etc.
On est plus crédible en exprimant ses contradictions qu'en les niant !

ALCOOL

Pour les usagers :

Un petit historique ?
L'existence des boissons fermentées ou alcoolisées - jus de pommes, de raisins - remontent très loin ; l'homme paléolithique ou homme des cavernes ne connaît pas encore l'agriculture organisée. Ce n'est qu'à partir de néolithique (- 5000 avant JC) que l'homme préhistorique cultive ses terres, se sédentarise, découvre la germination et la fermentation. La découverte de ce produit est vraisemblablement le fruit du hasard, due à un mauvais stockage de produits alimentaires laissés à la pluie.
La "magie" de cette boisson a été rapidement contrôlée et réservée aux pratiques religieuses (les vignes sont cultivées par les abbayes et la production du vin appartient aux moines). Le vin est réservé à la messe (c'est le sang du Christ).
Le phénomène de l'alcoolisation de masse naît au XIXième siècle avec l'avènement de la révolution industrielle (on ne comptait à cette époque pas moins de 40 bistrots à Altkirch). On avait par exemple à Paris un quartier qui s'appelait "La Halle aux vins" où toutes les rues portaient un nom de cépage (ex : rue du Tokay, rue Château Neuf du Pape,… ; dans le même genre, au moment de la guerre du Vietnam, tous les camps des GI portaient un nom de marque de cigarettes avec comme seul objectif de pousser à la consommation).

D'où provient le mot "alcool" ?
Ce mot vient de l'arabe "Al Kohol" ; le "khôl" est le fard à paupière, le masque utilisé par les femmes du Maghreb ; son utilisation va donc me permettre d'être différent, de me montrer sous un autre jour, sous un autre moi-même. Le même mot veut dire le magicien, l'illusion, le menteur.
On retrouve ainsi une dualité entre le physique et le psychique. Le même mot introduit toute la complexité du produit : l'alcool modifie donc et le physique et le psychique.

Qu’est-ce que l’alcoolisme ?
Une chose importante à savoir est que l’alcoolisme n’est ni une faiblesse de caractère, ni un vice moral, mais bien une maladie.
L’alcoolisme est caractérisé par la dépendance à l’alcool. Cette dépendance est la fois psychologique, physique et sociale.
L’individu dépendant a perdu la liberté de s’abstenir de boire, il ne contrôle plus sa consommation ; le besoin d’alcool accapare ses pensées et modifie son comportement.
Il faut souligner que quand une personne alcoolo dépendante décide d'arrêter de boire d'elle-même, cela peut être très difficile et douloureux voire dangereux. Il lui serait plus judicieux de chercher de l'aide auprès de son médecin traitant ou demander une consultation dans un Centre de Soins où il pourrait rencontrer des professionnels qui pourront répondre à son questionnement. Il risque par exemple de faire des crises de delirium tremens qui pourrait l'entraîner vers une hospitalisation.
L'alcoolisme est une maladie complexe dont les causes peuvent être multiples. Elles se situent soit au sein de la personne sur les plans biologique, psychologique, génétique, soit elles se situent au niveau de son environnement social et culturel.
La dépendance à l'alcool induit un besoin physique et/ou psychologique de boire engendrant un manque ; le corps ne peut plus fonctionner sans alcool. Vient s'ajouter à cela le besoin psychologique et/ou social de consommer : la personne dépendante à l'impression de ne plus pouvoir vivre sans alcool. De plus, l'alcoolisme entraîne toute une série de complications physiques et touche tous les organes du corps (cf. Les conséquences de l'alcoolisme).

Quelques idées fausses sur l'alcool !
L'alcool désaltère :
Faux. L'alcool au contraire déshydrate, notamment en faisant uriner davantage. C'est d'ailleurs cette déshydratation qui provoque l'effet "gueule de bois" après excès.
L'alcool réchauffe : Faux. La sensation de chaleur est due à la dilatation des vaisseaux sous la peau. En réalité, la température du corps s'abaisse d'un demi degré par fraction de 50g d'alcool absorbé. La sensation de chaleur peut donc masquer un abaissement de température et entraîner des problèmes graves par temps de froid.
L'alcool donne de meilleurs réflexes : Faux. C'est l'inverse. Avec une alcoolémie de 0,80 g/l la distance de freinage d'un véhicule roulant à 100 km/h est augmentée de 14 mètres. De plus, l'incoordination motrice, les troubles de la vision et le mépris du danger (grâce à l'effet anxiolytique de l'alcool) peuvent être sources d'accidents graves.
L'alcool améliore les performances sexuelles : Faux. Il ne fait que désinhiber ; le désir est exalté au niveau mental. Une consommation régulière et à fortes doses génère des troubles de l'érection, qui ne s'arrangent pas tout de suite en cas d'abstinence puisqu'il existe des cas d'impuissance dans les premiers temps de l'abstinence.
Le café ou la douche dessoule : Faux. Le café ou la douche ne font que réveiller. Le seul remède pour éliminer l'alcool est le temps.
Dilué dans l'eau, l'alcool est moins toxique : Faux. La quantité d'alcool est la même, qu'il soit dilué dans deux cm3 d'eau ou dans un demi litre. Ajouter de l'eau ne fait que diluer le goût et l'alcool.

Un verre, une bouteille ça contient quelle quantité d'alcool ?
Si vous buvez un verre de vin, un demi de bière, une flûte de champagne ou une dose de whisky , un pastis ou un ricard vous consommez pratiquement la même quantité d'alcool pur. Nous parlons dans ce cas de "verre standard" c'est-à-dire celui qui vous est servi dans un café ou un restaurant ; en sachant que quand je bois un verre chez moi ou chez des amis la quantité est généralement majorée.
Ce verre standard correspond à une unité d'alcool qui est égale environ à 0,10 g d'alcool.



Sources : MILDT, INPES



Il est possible de se repérer en se référant au nombre d'unités d'alcool contenues dans une bouteille.

Sources : Assurance Maladie, ANPA, CFES



Quelle est votre taux d’alcoolémie ?
L’alcoolémie est la quantité d’alcool dans le sang, exprimée en grammes d’alcool par litre de sang. En France, le taux maximal d’alcoolémie autorisé pour conduire un véhicule est de 0,5g/l.
Ceci correspond, pour une femme de 50 kg, à 2 verres d’alcool standard, et pour un homme de 75 kg, à peu près 3 verres standard.

Pour faire ce calcul, il existe une formule :

A = Alcool pur ingéré (en gramme) / (Poids corporel x K)

A = taux d’alcoolémie
K = coefficient de diffusion 0,7 pour les hommes et 0,6 pour les femmes

Exemple : un homme de 75 kg qui boit 8 verres de vin a une alcoolémie de 1,52 g/l
Chaque verre de boisson alcoolisée contient environ 10g d’alcool ; nous parlons ici d’un verre servi avec un doseur ou dans un café (le verre servi à la maison est souvent doublé).

A = 80g / (75kg x 0,7) = 1,52 g/l

A consommation égale, une femme de 55 kg aura une alcoolémie de 2,42 g/l

A = 80g / (55kg x 0,6) = 2,42 g/l

Ces résultats sont susceptibles de légères variations en fonction de la prise simultanée de médicaments, de l’âge, de l’état de santé, de votre taille, de votre poids, si vous êtes à jeun ou non, du fonctionnement du foie, ….

Que se passe-t-il quand on boit de l'alcool ?
Une fois ingéré, l'alcool se diffuse très rapidement dans l'organisme du sujet, passant de son appareil digestif à son système circulatoire, se retrouvant véhiculé par le sang.
L'alcoolémie atteint son maximum au bout de :
- une 1/2 heure si on est à jeun,
- une heure si la boisson est prise au cours d'un repas.
Ensuite, l'alcool est progressivement éliminé par le fois (à 95 %) de l'ordre de 0,10 g/heure et dans une moindre mesure (moins de 5 %) par les urines, la transpiration et la respiration.

Ainsi si vous sortez en discothèque vers 23h00, que vous consommez 4 verres de Whisky (avec ou sans coca) en l'espace de 4 heures votre pic d'alcoolémie se situera vers 5 heures du matin. Si vous pesez 75 kg, avec 4 verres vous atteignez un taux de 0,76 g/l ( 0,80 g/l). Vous êtes au-delà du taux d'alcoolémie pour la conduite automobile.
L'alcool s'éliminera de façon progressive à raison de 0,10 g/heure ; ainsi vous n'aurez plus d'alcool dans votre sang à 13h00 ; vous pourrez reprendre la conduite automobile avec un taux de 0,5 g/l à 8h00 du matin.
Pour accélérer l'élimination de l'alcool, il n'existe aucune recette ; inutile de boire des litres de café ou d'eau, de manger des bonbons "miracles", de prendre une douche ou de faire un effort physique. Seule solution valable : ATTENDRE.

Et vous, où en êtes vous avec l’alcool ?
Les questionnaires d'autoévaluation ont été élaborés pour aider tout un chacun à évaluer sa consommation d'alcool et à renforcer la prise de conscience de la maladie.
Développé par les Américains, le test CAGE comporte 4 questions ; il permet de cerner, assez grossièrement, la probabilité que quelqu’un abuse de l’alcool :
1) Vous êtes vous déjà senti coupable au sujet de votre consommation d’alcool ? Oui/non
2) Avez-vous eu le besoin de boire de l’alcool en vous réveillant pour calmer vos nerfs ou pour vous débarasser d'une gueule de bois ? Oui/non
3) Avez-vous déjà ressenti le besoin d’abaisser votre consommation d’alcool ? Oui/non
4) Avez-vous déjà été ennuyé par des remarques d’autrui critiquant votre consommation d’alcool ? Oui/non

Interprétation
La probabilité que vous abusiez de l'alcool est de 62% pour une réponse positive, 89% pour deux réponses et 99% pour trois ou quatre oui.

Et vous où en êtes-vous avec l’alcool ? Un autre test plus complet.
Le test MAST, (également Américain) permet de confirmer un diagnostic d’alcoolisme, par exemple, à la suite du test CAGE, ci-dessus :

1) Pensez-vous que vous consommez de l’alcool en quantité normale ?
Oui/non
2) Après une soirée bien arrosée, vous êtes-vous déjà réveillé en constatant que vous aviez oublié une partie de la soirée ?
Oui/non
3) Vos proches vous ont-ils déjà fait des remarques au sujet de votre consommation d’alcool ?
Oui/non
4) Pouvez-vous arrêter de boire après un ou deux verres sans difficulté ?
Oui/non
5) Vous êtes-vous déjà senti coupable au sujet de votre consommation d’alcool ?
Oui/non
6) Est-ce que vos amis ou vos proches pensent que vous êtes un buveur «normal» ?
Oui/non
7) Avez-vous déjà essayé de limiter votre consommation d’alcool à certains moments de la journée ou à certains endroits ?
Oui/non
8) Arrivez-vous toujours à stopper votre consommation d’alcool dès que vous le voulez ?
Oui/non
9) Avez-vous déjà assisté à une réunion des alcooliques anonymes, ou un autre groupe d’anciens buveurs, en raison d’un problème lié à votre consommation d’alcool ?
Oui/non
10) Vous êtes-vous déjà battu alors que vos consommiez de l’alcool ?
Oui/non
11) Est-ce que l’alcool a déjà créé des problèmes entre vous et votre conjoint(e) ?
Oui/non
12) Est-ce que vos proches ont déjà demandé de l’aide ou des conseils à autrui au sujet de votre consommation d’alcool ?
Oui/non
13) Avez-vous déjà perdu des amis ou une relation sentimentale en raison de votre consommation d’alcool ?
Oui/non
14) Avez-vous déjà eu des problèmes professionnels en raison de votre consommation d’alcool ?
Oui/non
15) Avez-vous déjà perdu une place de travail en raison de votre consommation d’alcool ?
Oui/non
16) Avez-vous déjà négligé vos obligations, votre famille ou votre travail pendant deux jours ou plus en raison de votre consommation d’alcool ?
Oui/non
17) Avez-vous déjà bu de l’alcool avant midi ?
Oui/non
18) Vous a-t-on diagnostiqué une maladie de foie ou une cirrhose ?
Oui/non
19) Avez-vous déjà souffert d’un delirium tremens, de tremblements importants, entendu des voix ou vu des choses qui ont disparu après avoir bu de l’alcool ?
Oui/non
20) Avez-vous déjà demandé de l’aide ou des conseils à autrui au sujet de vos habitudes alcooliques ?
Oui/non
21) Avez-vous déjà été hospitalisé en raison de votre consommation d’alcool ?
Oui/non
22) Avez-vous déjà été hospitalisé dans un hôpital psychiatrique en raison de l’alcool ou d’un problème lié à l’alcool ?
Oui/non
23) Avez-vous déjà consulté un psychiatre, un médecin, une assistante sociale, un pasteur ou un prêtre en raison d’un problème émotionnel lié à l’alcool ?
Oui/non
24) Avez-vous déjà été arrêté, ne serait-ce que quelques heures, en raison d’un état d’ivresse ?
Oui/non
25) Avez-vous déjà été inculpé pour ivresse au volant ?
Oui/non

Calcul des points :
1 Non : 2
2 Oui : 2
3 Oui : 1
4 Non : 2
5 Oui : 1
6 Non : 2
7 Oui : 0
8 Non : 2
9 Oui : 5
10 Oui : 1
11-16 Oui : 2
17 Oui : 1
18-19 Oui : 2
20-21 Oui : 5
22-25 Oui : 2

Interprétation :

- Jusqu’à 5 Pas de problème lié à l’alcool

- 5 à 7 Suspicion de problème liés à l’alcool
Il est possible que vous ayez un problème avec l’alcool.

- Plus de 7 Abus d’alcool ou alcoolisme
Nécessité de faire une démarche auprès de votre médecin ou d’un Centre de Soins.

Quelles peuvent être les conséquences de l'alcoolisme ?
Les effets de l'alcoolisme sur la santé sont très nombreux et touchent presque tous les organes du corps :
- complications hépatiques (stéatose, hépatite alcoolique, cirrhose alcoolique)
- complications au niveau du pancréas (pancréatite aiguë ou chronique, diabète,…)
- au niveau des voies oesophagiennes (reflux gastro-oesophagien , varices oesophagiennes, oesophagite ulcéreuse ou chronique, cancer,…)
- au niveau de l'intestin (lésions hémorragiques aiguë ou chronique, hémorragie digestives,…)
- au niveau neurologique (troubles cognitifs : problème de mémorisation,…)
- delirium tremens du à l'arrêt brutal de la consommation se manifestant par des anomalies de la perception (erreurs d'interprétation, hallucinations), perturbation du rythme du sommeil, crise convulsive,…)
- épilepsie
- l'alcool augmente les accidents vasculaires cérébraux
- démence alcoolique
- troubles du rythme cardiaque (tachycardies, palpitations,…)
- complications embryo-foetologiques (syndrome d'alcoolisme fœtale)

Quelques chiffres ?
On estime à environ 5 millions de personnes ayant des difficultés médicales, psychologiques et sociales liées à leur consommation d'alcool.
En France, on consomme en moyenne 15,6 litres d'alcool pur par an et par personne, soit l'équivalent de 173 bouteilles de vin.
L'alcool tue environ 45.000 personnes par an, en France, plus 2.700 morts sur la route, plus de nombreux passages à l'acte, violence, suicides, paralysies lors d'accidents de la route, …
Le coût de l'alcoolisme est important et reste difficile à évaluer car il faut prendre en considération le coût direct, le coût économique et le coût social. En 1999, le traitements de l'alcoolisme et des pathologies qui lui sont associées (cancer, cirrhose,…) entraîne un coût de 10 milliards d'euros, soit environ 10 % du total des dépenses de consommations médicales. Par ailleurs, le coût du dispositif spécialisé (CCAA, centres de cure et de postcure) s'élève à 76 millions d'euros.
Le coût de l'hospitalisation pour alcoolisme est estimé à 1 milliards d'euros en 1992, à 1,2 milliards en 1995.

Quelles sont les conséquences d'un alcoolisme de la femme enceinte ?
L'alcool consommé par la mère, même en petite quantité, lors d'une grossesse est préjudiciable au bébé et peut entraîner des malformations congénitales, des perturbations du développement et de la croissance, ainsi que des troubles du comportement.
Le syndrome d'alcoolisme fœtal entraîne pour l'enfant des dommages graves et irréversibles.

Existe-t-il un traitement ?
Le seul traitement pour un alcoolo dépendant est de cesser de boire totalement (le sevrage) mais cela ne se fait quelquefois pas sans risques.
Une grande partie des sevrages peut se faire en milieu ambulatoire, donc sans hospitalisation. Cela permet au sujet de ne pas quitter son milieu familial et professionnel ; le cas échéant, il peut y avoir un soutien médicamenteux. Si le sujet n'éprouve pas de signes importants de dépendance physique, qu'il bénéficie d'un état psychologique satisfaisant et que son entourage familial et social est de qualité un sevrage ambulatoire peut être proposé.
Quand l'alcoolo-dépendance est importante et qu'une problématique de sevrage physique est à craindre, il est préférable d'envisager une cure en milieu hospitalier sous un contrôle médical afin d'éviter le syndrome de sevrage se manifestant par des tremblements des extrémités, une anxiété susceptible d'évoluer en delirium tremens ou en crise d'épilepsie. Cette hospitalisation dure en moyenne entre 10 et 20 jours.
Afin de poursuivre le sevrage, un séjour en post cure peut être envisagé dans un centre spécialisé pour une durée variant de 1 à 3 mois, voire plus si nécessaire.
Par la suite il faudra entreprendre une consolidation afin d'éviter une rechute ; pour ce faire il est important de mettre en place un soutien psychologique. Plusieurs techniques peuvent être utilisées par les psychologues (soutien psychologique, psychothérapie individuelle et/ou familiale, groupe de parole, thérapies cognitivo- comportementales, ….)
Il est important de pouvoir consulter une personne de confiance, médecin généraliste, centre de cure ambulatoire en alcoologie, CSST, ....

Pour la famille

Quand en parler avec son enfant ?
L'alcool ? Tout le monde le connaît, y compris les enfants ! Il occupe une place privilégiée dans notre société, notre culture, notre gastronomie et même notre religion. Les enfants ont perçu cela, à leur manière.
C'est vers l'âge de 11-12 ans que l'enfant est le plus réceptif à ce type de conversation, avant il est rarement intéressé, après il met en doute ce qui est dit.
D'une façon générale, il est important d'éviter "d'initiee" votre enfant trop tôt à l'alcool, c'est réduire le risque qu'il y prenne goût trop rapidement et qu'il devienne plus tard dépendant. Attendez qu'il vous le demande et positionnez-vous clairement en expliquant les risques à long terme. Parce qu'il a des effets psychotropes, ce n'est pas un produit pour les enfants ; il peut créer de graves problèmes à tout âge, selon la manière dont il est consommé.

Que penser des boissons "faites" pour les jeunes (desperados,…) ?
Ce type de boissons (desperados, kriska, …) est un mélange d'alcool fort (ou de liqueur) et de jus de fruits, de boissons gazeuses ou de bières. Elles sont vendues pré-mélangées ou se font sur place. Dans ces mélanges, la teneur en alcool dépend bien entendu de la quantité et du type d'alcool, mais on peut dire en général, qu'ils sont plus dangereux que la bière (autre que la 8,6°) parce que :
- il y a souvent plus d'alcool que dans une bière,
- on ne sent presque pas le goût de l'alcool (le sucre ajouté couvre l'alcool) ; on court ainsi le risque d'en boire plus avec l'illusion d'en supporter plus,
- avec ce type de mélange les adolescents s'habituent progressivement aux alcools forts .

Que penser de sa première expérience avec l'alcool ?
Il n'y a pas lieu de dramatiser une première expérience avec l'alcool. Mais il est important de ne pas banaliser ce qui c'est passé. Rappelez-lui qu'à son âge il y a des risques d'intoxication et que son corps n'est pas apte à assumer les effets d'une alcoolisation. N'oubliez pas que plus un enfant commence tôt à boire de l'alcool de manière régulière, plus le risque qu'il rencontre un problème à l'âge adulte est grand.

Votre enfant de 14-15 ans organise une "boum", comment réagir ?
Chez les 14-15 ans, 32,9% des garçons et 26,6% des filles ont déjà été ivre au moins une fois dans leur vie. Et 43,4% des garçons et 31,9% des filles boivent souvent (au moins une fois par mois).
Lors de cette "boum", vous pouvez passer un accord avec votre enfant : pas d'alcool durant cette fête. Si un copain ou une copine en amène, demandez-lui de ne pas l'accepter.
Si vous craignez une mauvaise influence de ses copains et copines vous pouvez les inviter une fois ou l'autre pour faire leur connaissance et vous faire une opinion personnelle.

Qu'en est-il entre 16 et 20 ans ?
C'est souvent entre 16 et 20 ans que se font les principaux excès avec l'alcool. Le cercle des copains, copines, l'appartenance à un groupe sont des ingrédients de ces dérapages répétitifs. Il paraît illusoire d'interdire à votre enfant de cet âge de lui interdire de boire ; de toute façon il n'en tiendra pas compte d'autant moins qu'il sera souvent dans un groupe. Il est donc préférable d'orienter votre conversation sur les risques liés à ces abus en lui faisant part de vos craintes à cet égard. Vous pouvez lui expliquer que vous aussi vous avez été jeune et que les dérapages lors de ces soirées existent et que vous connaissez les risques pris sur la route en fin de soirée.
S'il se fait ramener par un copain, votre enfant ne doit pas monter dans la voiture de quelqu'un qui a bu. D'autres solutions existent : vous préférez qu'il vous appelle ou qu'il prenne un taxi. Vous pouvez également, en concertation avec ses amis, lui proposer l'astuce du" conducteur désigné" : à chaque sortie, le chauffeur ne boit pas d'alcool sachant que lors d'autres virées le chauffeur change.
L'important est dans tous les cas de maintenir une porte ouverte à la communication, au dialogue. Tous les problèmes ont leur(s) solution(s).

HÉROINE

Pour les usagers

Un petit historique :
L'héroïne est une drogue extraite de l'opium, lui-même extrait du pavot à fleurs blanches. Elle a été synthétisée pour la première fois en 1874 mais son potentiel ne sera pas reconnu. Ce n'est qu'en 1897, qu'un chercheur allemand l'exploitera comme médicament pour différentes affections respiratoires. On lui donna le nom d'héroïne du terme allemand heroisch ("héroïque") car on pensait qu'elle permettait de soigner l'addiction à la morphine, très répandue à l'époque. La morphine, elle-même, était utilisée alors comme substitut à l'opium. On n'a pas prévu que l'héroïne allait devenir un des fléaux du XXième siècle. Elle était alors vendue librement en pharmacie comme pilule antitussive, contre l'asthme, la diarrhée et même comme somnifère pour enfants. A partir des années 60, l'héroïne sera progressivement interdite dans tous les pays et sera classée comme stupéfiant.

A quoi ça ressemble ?
L'héroïne se présente sous la forme de poudre. Elle peut être de différentes couleurs selon sa provenance (blanche, beige ou brune foncée). L'héroïne est un puissant opiacé, obtenu à partir de la morphine. Les opiacés sont des substances naturelles contenues dans le latex (opium) recueilli sur une plante, le pavot.
Les héroïnomanes l'achètent sous formes de doses vendues en petits paquets ("pacson") ou emballée dans un plastique ("boulette"). Chaque dose pèse environ 1/4 de gramme et contient 10 à 40 % d'héroïne.

Comment est-elle consommée ?
L'héroïne est toujours coupée (parfois jusqu'à 97 %) avec d'autres produits psychoactifs ou non, voire toxique, comme du sucre de raisin, de l'aspirine, de la magnésie, de la strychnine ("mort aux rats"), des barbituriques, de la caféine, du talc, lactose, bicarbonate et même de la lessive… Elle n'est jamais pure. Sa concentration varie selon les régions, les fournisseurs, les pays d'origine.
L'héroïne se présente sous forme de poudre. Elle est la plupart du temps injecté en intraveineuse ("shoot"), après dilution et chauffage. Les pratiques d'injection semblent en baisse depuis quelques années, suite aux complications somatiques (hépatite B et C, campagne de prévention et sida). Elle peut également être fumée (on appelle ça "chasser le dragon") ou sniffée (à l'aide d'une paille).
L'injection présente des risques d'overdose plus importants et des risques sanitaires accrus.
La consommation d'héroïne est fréquemment révélatrice d'un mal-être et correspond à la recherche d'un oubli de ses souffrances. Elle conduit la plupart des consommateurs (pas tous) à la précarité et à la délinquance.

Quels sont les effets et les conséquences de l'héroïne ?
L'héroïne agit sur la production d'endorphines en la réduisant – voire en la stoppant – en se liant sur les récepteurs spécifiques de la cellule. C'est ce processus qui est impliqué dans la dépendance physique ou le corps présente alors des symptômes physiques de manque.
Les effets du produit dépendent non seulement de la dose, de la fréquence d'usage, du mode de consommation, de la concentration du produit, mais également de chaque individu, de son état psychique, de son humeur, de sa personnalité, …
Les effets immédiats :
- relaxation, apaisement, apaise la douleur morale,
- euphorie,
- sensation de bien être physique (être "zen"),
- supprime le manque en cas de dépendance physique,…
Ces effets sont suivis d'un état de somnolence du fait du coté analgésique du produit. En cas d'overdose, l'héroïne peut entraîner la mort par dépression respiratoire.
Conséquences à court terme :
- nausées, vomissements,
- ralentissement du rythme cardiaque,
- modifie le désir sexuel (le diminue ou l'augmente),
- rétrécissement des pupilles (en tête d'épingle),…
Conséquences à moyen et long terme :
- baisse de l'appétit, affaiblissement (diminue la sensation de faim),
- constipation, insomnies,
- perturbation du cycle menstruel,
- forte dépendance physique et psychique,
- accoutumance acquise aux opiacés,
- risques d'infections majorées du fait de l'affaiblissement général,
- troubles de l'humeur,
- maux dentaires,
- infections sanguines ,…

Qu'en est-il de la dépendance ?
- La dépendance psychologique se manifeste bien avant que le consommateur ne s'en rende compte et se manifeste par le besoin de consommer à nouveau le produit pour retrouver les effets plaisants et apaisants et parfois pour palier à une déprime, à une anxiété, à une timidité exacerbée, à une inhibition psychologique.
- La dépendance physique se manifeste par un syndrome de sevrage appelé "manque" quand la consommation est stoppée brutalement. Le corps manque d'héroïne et d'endorphines naturelles (qui ont été remplacées par l'héroïne). A ce stade l'usager est confronté à une série de manifestations physiques qui augmentent au fur et à mesure du manque :
- pouls augmente,
- sensation de froid intense ,
- éternuements, transpiration, nez qui coule, pleurs,
- douleurs musculaires, crampes,
- maux de ventre, diarrhées,
- nausées, envie de vomir, vomissements,
- pupilles dilatées,
- angoisse, irritabilité, insomnies,
- hypersensibilité à la douleur,…
Ces manifestations cessent généralement après 5 à 10 jours d'abstinence. C'est une période très difficile à supporter. Il existe des produits dits de "substitution" qui permettent un passage au sevrage moins douloureux (cf. Qu'est-ce que la substitution ?).
Il est important de souligner qu'une fois qu'une dépendance est installée s'il y a consommation par la suite, et ce quelque soit la durée de l'abstinence, l'usager a beaucoup de chance de retomber de plus en plus rapidement dans la dépendance au produit avec des signes de manque majorés à chaque rechute.
Donc, alors qu'au début l'usager prend de la drogue pour "être bien ou mieux", par la suite il en consomme pour "être moins mal" puisque le manque physique s'est installé et que les souffrances physiques sont de plus en plus importantes.

Qu'est-ce que la tolérance à un produit ?
La tolérance signifie que, avec le temps, une personne qui consomme régulièrement de la drogue a besoin d'une quantité toujours plus grande de cette drogue pour ressentir les mêmes effets. Le corps s'habitue au produit. En ce qui concerne l'héroïne, la tolérance est très rapide. Au début je consomme de façon festive, puis plusieurs fois par mois, puis plusieurs fois par semaine, tous les jours et enfin plusieurs fois par jour. Ainsi, l'usager ressent la nécessité d'augmenter régulièrement les doses, d'abord en quantité, puis en fréquence pour retrouver les effets du produit.
La tolérance augmente les risques pour la santé puisqu'elle entraîne une surconsommation de drogues pouvant aller jusqu'à une overdose.

Comment devient-on dépendant ?
Au bout d'un moment se développe un phénomène de tolérance vis-à-vis du produit. Cela signifie, que les effets diminuent et qu'il faut augmenter la fréquence des prises de drogue pour obtenir le même effet. Plus je consomme plus je supporte, plus mon corps s'habitue, et plus la quantité du produit augmente. En même temps s'installe le phénomène de la dépendance qui se traduit par une envie irrésistible, impossible à étouffer, pour calmer le manque physique et/ou psychologique de drogue.
Au début, ce sont les effets positifs qui sont ressentis : état second, euphorie, sentiment de bien être, de liberté, de puissance, …. Puis un jour, le besoin de drogue et le syndrome de manque sont devenus constants : sueurs, pleurs, frissons, écoulement nasal, crampes, nausées, douleurs vomissements, diarrhées, angoisse, nervosité, … deviennent le lot du toxicomane s'il ne peut trouver son produit. La dépendance s'est installée pour toujours.

Qu'est-ce qu'une overdose ?
L'overdose ou surdose est un coma par surdosage. Elle se traduit par une dépression respiratoire allant d'une faible diminution de la respiration à l'arrêt respiratoire entraînant l'arrêt respiratoire et ensuite la mort.
Le risque de surdosage est plus grand :
- après une longue période d'abstinence (l'usager restant sur la quantité consommé lors de l'arrêt de la consommation), après un séjour en prison par exemple,
- chez des utilisateurs occasionnels,
- lorsqu'un produit plus concentré est mis sur le marché,
- lors d'une première prise,…
Le terme d'overdose implique souvent une issue fatale, due à l'excès de consommation d'un produit (cf. "qu'est-ce que la tolérance"). En fait, les observations montrent que le toxicomane n'augmente pas ses doses spontanément. Les overdoses semblent plutôt dues à l'utilisation de mélanges (polytoxicomanie) entre des opiacés et des psychostimulants comme l'alcool et les benzodiazépines.

Que faire en cas d'overdose ?
Il est important de ne pas laisser "partir" la personne en l'obligeant à se lever, parler, marcher… Si la personne a perdu connaissance, la mettre en position de sécurité (allongé sur le coté), dégrafer ses vêtements et appeler le SAMU ou les pompiers.

Pourquoi ne sommes-nous pas égaux vis-à-vis du produit ?
La prise d'héroïne entraîne des conséquences différentes pour chacun ; certains seront plus vite dépendants que d'autres. Cela peut être dû à plusieurs raisons : elles peuvent être d'ordre psychologique, sociales, physiques, génétiques, …
Les effets des drogues sont également différents selon les individus. Il existe certainement un explication d'ordre psychologique permettant d'expliquer pourquoi un sujet "tombe" plutôt dans l'héroïne, un autre plutôt dans l'alcool, un autre plutôt dans ….
Il faut souligner que lorsqu'on est dépendant à l'héroïne on peut devenir dépendant plus facilement et plus rapidement à d'autres drogues, à certains médicaments, à l'alcool ou au tabac.

Existe-t-il des traitements ?
Depuis quelques années, il existe des traitements dits de "substitution" utilisant soit la buprénorphine (=le subutex) soit la méthadone. La substitution doit rester un acte médical fort en symbole, inscrit dans un projet de soins solides. Ils ont tous les deux un mode de dispensation différents :
- le subutex peut être délivré par un médecin généraliste. Il se présente sous forme de cachets avec plusieurs dosages (0,4 mg, 2 mg, 8 mg) ; les comprimés doivent fondre sous la langue pour un maximum d'efficacité,
- la méthadone existe sous forme de sirop, en plusieurs dosages (5 mg, 10 mg, 20 mg, 40 mg et 60 mg) et ne peut être délivré que par un centre spécialisé, un CSST et suivant un protocole bien précis :
- rencontre avec tous les membres de l'équipe pluridisciplinaire (médecin, psychologue, travailleur social, infirmière, pharmacien,) et contrôle urinaire avant et pendant l'inclusion),
- réunion d'équipe pour décider de la prise en charge,
- signature avec le patient d'un contrat de soins liant le patient avec l'équipe thérapeutique,
- accompagnement psycho social,
- obligation de venir tous les jours pendant une durée minimale de 15 jours pour prendre la méthadone sur place (doses progressives),
- relais possible, un fois le patient stabilisé chez un médecin généraliste et d'une pharmacie de son choix,
- rendez-vous régulier au Centre afin de suivre l'évolution du patient.

Quel est le rôle d'un traitement de substitution ?
A l'origine, la mise en place des traitements de substitution entrait dans la politique de réduction des risques. Dans le cas d'une prise en charge, il s'agit de substituer le produit, mais aussi les comportements liés à la consommation de ces substances psychoactives. Le traitement est un médicament de la même classe que l'héroïne mais qui a en même temps des effets opposés.
Le traitement de substitution permet :
- de supprimer le syndrome de manque physique,
- de stopper le cercle vicieux en réduisant le problème de dépendance et l'envie de drogue,
- de permettre au sujet de se reconstruire psychologiquement, socialement,…

Le traitement de substitution permet-il d'arrêter la drogue définitivement ?
Chaque personne réagit de façon différente par rapport à sa toxicomanie ; on peut penser que plus la toxicomanie dure longtemps, plus le traitement se verra prolongé.
Le traitement de substitution permet d'arrêter les drogues ainsi que les injections mais le but est d'arrêter de façon durable sans risque de rechute. Il faut donc se donner du temps pour retrouver "une vie normale" sans produit et d'accepter de réfléchir sur les raisons de sa toxicomanie. Il est nécessaire d'entreprendre un travail sur soi avec une aide psychologique et/ou médicale.
Le traitement de substitution constitue un support et une protection pour reconsolider sa vie et se reconstruire psychologiquement.

Quel est le rôle du pharmacien ?
Une fois le relais entrepris auprès d'un pharmacien de ville, le patient sera amené à le rencontrer de façon régulière une fois pour semaine pour la délivrance des médicaments. Mais il n'a pas un rôle unique de délivrance, il a également un rôle d'écoute; par ailleurs, il connaît tous les médicaments et il est donc à même de pouvoir juger des interférences susceptibles d'exister entre les différentes prescriptions.

Combien de temps doit durer un traitement de substitution ?
Chaque individu étant différents vis-à-vis du toxique, le traitement sera personnel pour chacun. Le traitement durera le temps nécessaire à chaque personne. Il n'existe pas de délai standard : certains pourront diminuer puis arrêter au bout de quelques mois, d'autres suivront le traitement plus longtemps, parfois il sera nécessaire de le suivre pendant plusieurs années.
De plus, le traitement peut être raccourci en fonction de l'avancée du patient sur le plan psychologique et/ou social et/ou familial, ….

Est-il nécessaire d'être suivi par un psychologue ?
Les problèmes de toxicomanie sont le plus souvent liés à des problèmes psychologiques dont le sujet n'a pas forcément conscience ou qu'il a voulu occulter par la prise de drogue pour les "masquer ou les oublier" passagèrement.
Chacun a un vécu unique, personnel.
Il est important de pouvoir discuter sur ses choix de vie et d'essayer de comprendre "pourquoi", un jour le dérapage vers un produit a été effectué.

Héroïne et grossesse ?
Les femmes qui prennent de l'héroïne ont souvent des aménorrhées (plus de règles) et peuvent ainsi être enceinte; l'usage continu d'héroïne pendant la grossesse présente d'énormes risques pour le fœtus et plus tard pour le bébé.
Pendant la grossesse, l'échographie du fœtus peut mettre en évidence un retard de croissance intra-utérin ; les risques de fausses couches sont augmentés et la naissance est souvent prématuré.
Le danger pour l'enfant se situe au moment de sa naissance : il risque de faire un "syndrome de manque", puisque l'héroïne durant toute la grossesse passe la barrière du placenta. Les opiacés sont ensuite stockés principalement dans le cerveau, les poumons, le foie et la rate du fœtus. L'enfant développe donc dans le ventre de sa mère une dépendance à l'héroïne et naît en manque. Ce manque se manifeste dans les trois jours et prend la forme de : tremblements, hyperthermie, irritabilité, cris, agitation, difficulté à coordonner la succion et la déglutition, diarrhées et parfois convulsions.
Si l'enfant n'est pas pris rapidement en charge, il risque de mourir. A l'heure actuelle les services de maternité sont capables de prendre en charge ce type de symptômes.
On propose souvent aux femmes enceintes dépendante à l'héroïne de ne pas arrêter de consommer, ce qui peut être dangereux pour l'enfant, mais plutôt d'entamer un programme de substitution. (cf. Grossesse et méthadone)

Grossesse et méthadone ?
Il n'est pas contre indiqué à la femme enceinte de prendre de la méthadone durant sa grossesse ; au contraire, l'équipe hospitalière peut adaptée la dose du produit de substitution en fonction de l'évolution de la grossesse.
La méthadone n'entraîne pas de complications particulières durant la grossesse ou l'accouchement. Au fur et à mesure de la grossesse, il est souvent nécessaire d'augmenter le dosage de la méthadone afin d'éviter une souffrance (un manque) chez la mère qui entraînerait une souffrance chez le fœtus.
Deux à trois jours après l'accouchement, il est possible que l'enfant présente des signes de manques : stress respiratoire, bâillements, éternuements, fièvres, cris, pleurs, crampes, vomissements, diarrhées, … Il est alors nécessaire d'hospitaliser l'enfant afin de réduire progressivement ce syndrome de manque.
Le fait d'être substituée à la méthadone permet à la mère d'intégrer une équipe pluridisciplinaire en service hospitalier engageant différents acteurs autour de la naissance ; ainsi l'équipe intervient à différents niveaux :
- prise en charge anté natale (avant la naissance),
- prise en charge au moment de l'accouchement,
- prise en charge post natale,
- prise en charge à court terme (3, 6, 9 mois),
- prise en charge à long terme (qualité des relations mère-père-enfant).


Pour la famille

Comment savoir si mon enfant est toxicomane ?
Vous pouvez dans un premier temps vous adresser dans un Centre de Soins aux Toxicomanes (CSST) pour obtenir des informations et des conseils sur la façon de s'y prendre. Par la suite vous pouvez lui poser directement la question en faisant état de vos inquiétudes par rapport à son comportement :
- il rentre de plus en plus tard sans vraiment se justifier
- il dépense beaucoup d'argent et vous ne voyez ou ne savez jamais ce qu'il achète,
- il raconte de plus en plus d'histoires
- il fume de plus en plus
- vous découvrez des choses bizarres dans sa chambre (aluminium, cuillère, briquet, seringue,…)
- ses résultats scolaires sont nettement en baisse ou il s'est fait renvoyé de son travail
- il est d'une humeur changeante sans qu'on puisse expliquer pourquoi plusieurs de ces signes "peuvent faire penser" que votre enfant peut avoir un problème de toxicomanie. Il vous est plutôt conseillé de prendre contact avec un centre de soins spécialisé en toxicomanie.

Que faire si mon enfant est toxicomane ?
Avant tout prenez contact avec un centre de soins spécialisé en toxicomanie qui pourra vous informer et vous donner des conseils sur la marche à suivre. Il est inutile d'engager une conversation s'il est sous l'emprise de la drogue ou si vous-même êtes sous l'effet de la colère. Il est de faire part à votre enfant de vos doutes, de vos observations et de vos inquiétudes :
-il rentre à des heures imprévues, il dépense beaucoup d'argent, il laisse traîner des choses douteuses (aluminium, cuillère, briquet, seringue, …) et que vous vous demandez si des fois il ne se droguerais pas. Qu'en penses-t il ? S'il nie, inutile de poursuivre la communication et de jouer les agents de police.
- s'il reconnaît avoir pris de la drogue, vous pouvez lui demander s'il accepterait d'aller consulter des professionnels pour y être aidé
- s'il est d'accord, donnez lui toutes les informations dont vous disposé afin qu'il puisse prendre lui-même un rendez-vous ; la première fois vous pouvez l'accompagner.
- s'il refuse de se prendre en charge, allez vous-même consulter afin d'avoir des informations et des conseils et dite lui en rentrant que vous avez vu des professionnels parce que vous étiez en souffrance et que son comportement vous pose problème.
Il est important de pouvoir instaurer le dialogue et de rétablir un minimum de confiance. Inutile de l'engueuler ; il est préférable de parler ouvertement avec lui (rien n'est pire que d'ignorer la situation, "de faire comme si") et de ne "pas le fliquer" (l'espionnage n'a jamais favorisé le dialogue).
Recherchez de l'aide auprès de spécialistes n'est pas un signe de faiblesse. Il existe des groupes de paroles de parents dont les enfants sont confrontés au problème de drogue.

 




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